INSTITUTIONS – L’Union africaine se dit “préoccupée par la destitution du Premier ministre” malgré un accueil favorable du programme de la Refondation

Des inquiétudes exprimées malgré des points de satisfaction. Le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine (CPS) se dit “profondément préoccupé” par la destitution du Premier ministre et de son gouvernement le 9 mars 2026. Elle n’en salue pas moins la feuille de route de la Refondation dont elle souhaite la réalisation en 24 mois, comme cela a été prévu.

Le CPS de l’Union africaine estime que la décision de mettre fin aux fonctions du gouvernement pourrait avoir “un impact négatif sur le processus de transition politique en cours à Madagascar”. Il exprime ses inquiétudes dans un communiqué adopté le 10 mars lors de sa 1335ᵉ réunion consacrée à la situation de Madagascar.

Inclusif et pluraliste

Dans son communiqué, le Conseil de paix et de sécurité invite alors les autorités malgaches à tenir compte de toutes les forces politiques du pays dans la formation du prochain gouvernement. Il dit “encourager les autorités à veiller scrupuleusement à ce que le processus de transition soit inclusif, pluraliste, multipartite, progressiste et transparent, dans le respect des droits de l’homme et de l’Etat de droit”.

Le CPS insiste notamment sur la participation des femmes, des jeunes et de l’ensemble des parties prenantes dans le “dialogue national en vue de trouver une solution consensuelle aux défis auxquels le pays est confronté”. Il en appelle également à la “libération de tous les détenus politiques”.

Respecter le délai de 24 mois

Malgré ces préoccupations, le Conseil affirme “accueillir favorablement le Programme de refondation de la République de Madagascar”, annoncé en fin février et remis à la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC). Il se félicite également du lancement de la concertation nationale, conduite par le Conseil œcuménique des Églises chrétiennes de Madagascar (FFKM), qui doit aboutir à l’élaboration d’une nouvelle Constitution et à la mise en place d’un comité de pilotage chargé de coordonner le processus.

Pour l’instance panafricaine, le calendrier de 24 mois fixé pour le retour à l’ordre constitutionnel doit être scrupuleusement respecté. Les autorités sont encouragées à coopérer pleinement avec l’Union africaine et la SADC pour aller en ce sens.

 

Photo : African Union