Les discussions engagées lundi entre Anthropic et l’administration américaine n’ont pas permis de lever les restrictions imposées à l’entreprise. Depuis vendredi, les modèles d’intelligence artificielle les plus avancés de la société, Fable 5 et Mythos 5, restent inaccessibles après une décision du gouvernement américain invoquant des motifs de sécurité nationale. La mesure interdit leur utilisation par toute personne étrangère, y compris les employés non américains d’Anthropic, obligeant l’entreprise à suspendre leur accès.
Des responsables techniques de la start-up ont rencontré lundi de hauts responsables du ministère américain du Commerce afin de trouver une issue à cette situation. Selon une source proche des discussions, aucune levée des restrictions n’a toutefois été obtenue à ce stade. Un porte-parole de l’entreprise indique toutefois que les « parties travaillent rapidement à résoudre la situation », tout en assurant que celle-ci poursuivait sa collaboration avec l’administration américaine pour protéger les infrastructures critiques et renforcer la cybersécurité du pays.
Cette affaire constitue un précédent dans le secteur de l’intelligence artificielle. C’est la première fois qu’un gouvernement contraint une entreprise à retirer de la circulation un modèle d’IA de pointe. La décision a suscité de nombreuses réactions et interrogations au sein de l’industrie technologique, aux États-Unis comme à l’international.
La directive américaine fait suite à des alertes émises par plusieurs dirigeants du secteur concernant d’éventuelles failles de sécurité. Parmi eux figure Andy Jassy, directeur général d’Amazon, investisseur d’Anthropic, qui aurait attiré l’attention des autorités sur certaines vulnérabilités détectées.
Cette intervention marque un changement de ton au sein de l’administration Trump, dont plusieurs responsables se sont jusqu’ici opposés à une réglementation jugée susceptible de freiner l’innovation américaine face à la concurrence chinoise. Début juin, le président Donald Trump avait néanmoins signé un décret instaurant un examen fédéral facultatif des modèles d’intelligence artificielle les plus avancés avant leur commercialisation.
Anthropic affirme avoir travaillé avec le gouvernement américain avant la publication de Fable 5 et Mythos 5, rendus publics le 9 juin. L’entreprise soutient également que les vulnérabilités identifiées étaient mineures et comparables à celles pouvant être détectées dans d’autres modèles concurrents accessibles au public.
Les restrictions actuelles interviennent plusieurs mois après la rupture des contrats entre Anthropic et le Pentagone. L’entreprise s’était opposée à l’utilisation de sa technologie pour des programmes de surveillance de masse ou le développement d’armes autonomes. Elle avait alors été classée parmi les entités présentant un risque pour la sécurité nationale américaine, un statut habituellement réservé à des sociétés étrangères.
Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a salué les nouvelles mesures, estimant qu’elles confirmaient la pertinence de la décision prise précédemment par le Pentagone.
Textes et photo : AFP
