INVESTISSEMENTS – Les projets de Partenariat public-privé Volobe et Sahofika classés urgents

Rindra Rabarinirinarison lors de la première réunion du Comité national sur les partenariats publics-privés (CNPPP), jeudi. Crédit Photo : Ministère de l'Economie et des Finances.

Antananarivo, 5 Avril, 10h05 – La priorité est définie. Les projets de Partenariat public-privé (PPP) dans le secteur de l’Énergie, les projets hydroélectriques Volobe et Sahofika, sont actuellement classés urgents. C’est ce qu’a confié la ministre de l’Economie et des finances, Rindra Rabarinirinarison, en marge de la première réunion du Comité national sur les partenariats publics-privés (CNPPP), jeudi.

Ces deux projets hydroélectriques figurent parmi les trois projets inscrits dans le circuit de traitement durant l’année budgétaire 2024, aux côtés de la concession des aéroports internationaux d’Ivato et de Nosy-Be, confiée à la société Ravinala Airports. Ils présentent des risques macroéconomiques, budgétaires et institutionnels, comme exposé dans le Document budgétaire annexé à la Loi des finances 2024.

Pour ce qui est des risques macroéconomiques, il est par exemple souligné dans ce document que le report de la date de bouclage financier entraînera le report de la phase de construction. Ce qui aura à son tour un impact limité des dépenses d’investissement et ses composantes sur la croissance du PIB et dans l’amélioration et la stabilité du niveau du taux de change. Ceci dans la mesure où les grandes dépenses d’investissement des deux promoteurs privés, les importations de matières premières pour les constructions et les flux de devises attendus n’interviendront pas cette année. Cette situation compromettrait alors le développement industriel qu’envisage le gouvernement.

Des risques budgétaires spécifiques sont également à prévoir par rapport à ces deux projets. Le document budgétaire élaboré par le ministère de l’Economie et des finances (MEF) expose que ce report du bouclage financier retardera l’adoption des mesures de redressement et de réformes du secteur de l’électricité et l’amélioration de la situation de la Jirama. Ainsi, les contraintes perdureront et pourront contraindre l’Etat à faire des contributions financières supplémentaires au secteur et à la Jirama durant l’année 2024.

Et puis, il y a les risques institutionnels liés à ces deux projets. Le MEF estime que la situation actuelle de la gouvernance institutionnelle du secteur de l’Énergie pourrait créer des risques institutionnels du fait des manques d’informations de bonne qualité et exhaustives. Une situation qui pénalise les autorités dans la prise de décisions adéquates et optimisées en temps réels en vue de réduire la probabilité et l’exposition à ces risques.

Le 24 janvier, le Conseil des ministres avait annoncé le démarrage des travaux de construction des deux centrales de Sahofika et de Volobe parmi les travaux prioritaires à réaliser dans les 100 premiers jours du second mandat d’Andry Rajoelina. Pour l’instant, après la signature des contrats de concession et d’achat d’énergie, les négociations en vue du bouclage financier sont en cours pour Volobe alors que Sahofika se trouve encore en pleine restructuration après que la société en charge de la construction, Eiffage, a quitté le consortium.

Le PPP est un contrat par lequel l’Etat confie à un tiers, une mission ayant pour objet tout ou partie du financement, d’infrastructures, d’ouvrages, d’équipements ou de biens immatériels, nécessaires au service public, ainsi que tout ou partie de leur construction, réhabilitation, transformation, entretien, maintenance, exploitation, ou gestion, avec ou sans délégation de service public. Cette mission est confiée pour une période déterminée, en fonction de la durée d’amortissement des investissements ou des modalités de financement retenus. Ce contrat délimite les engagements, les obligations et les responsabilités de chaque partie dans la réalisation des objectifs du projet tout au long de sa période d’exécution.

Pour la ministre Rindra Rabarinirinarison, le Partenariat public-privé est un outil qui sert au développement d’un pays. Les structures pour bien le gérer ne sont cependant pas encore en place à Madagascar, souligne le Grand argentier. Le cadre institutionnel des PPP devra comprendre un Comité national PPP, une Unité PPP ainsi que des correspondants PPP nommés au sein de chaque administration de l’Etat, des établissements publics ou des collectivités territoriales concernés par un ou plusieurs projets PPP.

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