Antananarivo, 11 Décembre, 8h40 – Pouce par pouce. Le Parquet général et la partie défenderesse ne souhaitent pas céder de terrain lors du procès « Apollo 21 » à la Cour criminelle ordinaire.
La diffusion d’une bande sonore demandée par le ministère public a provoqué de vifs débats au palais de justice, à Anosy vendredi, cinquième jour du procès. Il s’agit d’un élément présenté comme étant une conversation entre le couple Rafanoharana avec une autre personne pour évoquer une créance et ses échéances.
Pendant une dizaine de minutes, le ton est monté dans la salle d’audience. Les avocats de Paul Rafanoharana se sont opposés à la requête, réclamant une écoute préalable du support. Le Parquet général s’étonne de la demande et fait savoir le droit de chaque partie de présenter ses moyens de preuve.
Finalement, la bande sonore, dont la qualité reste moyenne, a été diffusée, faisant réagir Paul Rafanoharana, le principal accusé dans le dossier. Il évoque les avancée technologique permettant la manipulation des éléments sonores. Et c’est dans cette ambiance particulière que Maître Willy Razafinjatovo, alias Olala, demande à ce que des personnes, dont les noms ont été évoquées durant le procès mais qui ne sont pas présents, soient entendues.
Ce n’est pas la première fois que des preuves, à charge ou à décharge, font réagir le ministère public et les avocats de la défense. Dans la matinée, c’était déjà le cas avec une présumée lettre de Paul Rafanoharana, réfutée par ce dernier. A quelques reprises, durant ces cinq jours de procès, la partie défenderesse fait part de son étonnement de l’existence de pièces à charge dont elle affirme ne pas connaître l’existence alors qu’en réplique, le Parquet général n’est pas du même avis qu’elle.
Vendredi dans la matinée, c’était au tour de Victor Ramahamatra d’être entendu. L’ancien Premier ministre nie en bloc les accusations contre lui, évoquant ses principes et ses obligations envers la société avec laquelle il collabore, de s’abstenir « de tout acte en dehors de l’ordre constitutionnel ». Il présente au passage ses excuses aux hauts gradés, impliqués dans le dossier, d’avoir proposé leur nom dans une démarche initiée par une proche du chef de l’Etat en vue d’une série de nomination à des hauts emplois de l’Etat, selon ses termes.
20 personnes, dont des officiers généraux, des ressortissants étrangers, sont, entre autres, accusés d’association de malfaiteurs en vue d’attenter à la vie du président de la République criminelle, et de renverser le gouvernement. Suspendue pour le week-end, l’audience devrait reprendre lundi.