La Banky foiben’i Madagasikara laisse ses taux directeurs inchangés

Antananarivo, 10 Mai, 6h15 – Un statu quo de l’orientation de la politique monétaire. Le Comité monétaire de la Banky foiben’i Madagasikara (BFM) a décidé de maintenir le taux de facilités de dépôt (FDD) à 9% et le taux de facilités de prêt marginal (FPM) à 11%. Le niveau reste ainsi inchangé pour le taux de facilités de dépôt qui rémunère le placement des excédents de liquidité des banques primaires auprès de la banque centrale. De même pour le taux de facilités de prêt marginal qui est l’instrument consistant pour la BFM à mettre à disposition des participants éligibles sur le marché monétaire des liquidités en fonction de leurs besoins.

La BFM indique avoir pris cette décision par rapport au niveau encore élevé du taux d’inflation enregistré au mois de mars de cette année. Or, l’autorité monétaire estime que “cette trajectoire pourrait se poursuivre pendant un certain temps”. Cette éventualité pourrait résulter des impacts négatifs des passages de cyclone dans différentes régions de Madagascar mais également de la persistance des tensions géopolitiques à l’international, que ce soit au Moyen Orient ou en Ukraine. Cela rique, d’après la Banque Centrale, “de perturber de nouveau les chaînes d’approvisionnement et d’accentuer la volatilité des cours mondiaux des produits de base”.

Comme exposé par le gouverneur de la BFM, Aivo Andrianarivelo, lors du vernissage de l’exposition du cinquantenaire de la Banque centrale, lundi, le taux d’inflation malgache avait dépassé les deux chiffres après la crise du Covid-19. L’Autorité monétaire avait alors pris la décision de rehausser le corridor de ses taux d’intérêts pour les opérations sur le marché monétaire. Le taux d’inflation avoisinait les 7%, ces derniers temps avec une petite évolution à la hausse constatée, indique-t-il. “Mais nous espérons que les actions, la politique et les mesures que nous prenons auront de l’impact”, a-t-il avancé. La BFM soutient d’ailleurs que “les conditions monétaires actuelles sont jugées suffisantes pour ramener progressivement l’inflation à un niveau soutenable”.

Aivo Andrianarivelo, soutient par ailleurs que “la Banque centrale n’est pas responsable de la croissance de l’économie”. Selon lui, cette institution “est responsable de la lutte contre l’inflation qui, en principe, devrait avoir un impact sur la croissance et le décollage de l’économie”. La BFM indique alors veiller attentivement aux changements des facteurs pouvant significativement modifier ses prévisions et ajustera ses instruments le cas échéant.

Les prix à la consommation ont augmenté de 7,3% en glissement annuel, de mars 2023 à mars 2024. Selon les composantes du panier de consommation des ménages, la majoration des prix du riz a été de 4,3 %. Pour l’énergie, le renchérissement atteint 7,2 %. En ce qui concerne le reste du panier de consommation, la hausse est de 8,0 %, détaille la Banque centrale. Pour ce qui est des perspectives d’évolution des prix au niveau national, la BFM prévoit un taux d’inflation de 7,9 % en décembre 2024, pour l’ensemble du panier, et de 7,8 % pour l’inflation sous-jacente.