“Ny hary navelan’ny Profesora Rajaona Siméon Régis”. C’était sous ce thème évocateur qu’une conférence s’est tenue à l’Université d’Ankatso, jeudi. L’événement, organisé dans le cadre de la célébration du centenaire du “Professeur”, met en lumière l’immensité des travaux ainsi que la profondeur de la pensée de celui qui a façonné la linguistique malgache moderne.
L’héritage de Siméon Rajaona a alors été abordé comme une œuvre totale par une pléiade d’experts. Il touche d’abord aux fondements de la nation à travers l’éducation, thématique portée par son fils Thierry Rajaona, et la recherche scientifique sur la langue et la littérature, thématique sur laquelle la Pr Baholisoa Simone Ralalaoherivony avait apporté son analyse. Les deux communications ont soutenu que la structuration de la linguistique malgache a transformé l’étude de la langue en une discipline académique de haut niveau.
Ce travail s’est d’ailleurs concrétisé par un engagement majeur dans le monde du livre, comme en témoigne Révérend Père Guillame de Saint Pierre Rakotonandratoniarivo de l’Edition Ambozontany. Celui-ci parle notamment des ouvrages de référence, comme “Takelaka notsongaina”, qui ont éduqué des générations et promu la lecture à grande échelle.
Sur le plan institutionnel, le Pr Alisaona Raharinarivonirina rappelle l’influence de Siméon Rajaona sur l’Université de Madagascar de l’époque, en tant que premier Doyen mais également en tant que fondateur de la filière malgache. Le Pr Raymond Ranjeva expose, pour sa part, la dimension de penseur engagé dans les affaires nationales et de la vie de la cité de Siméon Rajaona. Il insiste particulièrement sur le fait que la maîtrise de la langue n’est pas un simple exercice de grammaire, mais un outil de liberté et de souveraineté.
La célébration du centenaire de Siméon Rajaon s’étale jusqu’en février 2027 et prévoit encore plusieurs manifestations culturelles et scientifiques. L’objectif est de valoriser la langue et la littérature malgaches et de lui redonner sa place légitime dans l’espace public et éducatif, selon le responsable du « Zanatsehatra Malagasy », le Dr Daniel Rajoelison.
