Le « vary amin’anana » est d’abord un plat qui mélange le riz et les feuilles potagères, servi chaud sous forme de bouillie. De ce plat est né l’expression « variaminanana » qui désigne le parler où se mélangent le français et le malgache. « Madagascar possède sa langue et sa culture propres, et la langue malgache n’échappe pas au métissage linguistique, résultant de l’interaction du français et du malgache », indique Tosiharilova Andrianaivoravelona, dans Conséquences linguistiques de la coexistence du français et du malgache à Madagascar. « C’est le variaminanana », souligne-t-il.
Dans le contexte malgache, où la coexistence du français et du malgache est liée historiquement, il existe une interaction de ces deux langues associées aux problèmes relatifs à l’emploi des langues. Le système éducatif malgache dans les années 70 avait adopté le malgache comme langue d’enseignement et le français comme langue étrangère enseignée. C’est cette politique qui a ensuite donné naissance à une langue medium, le « variaminanana ».
Depuis, ce parler est utilisé par la majorité de la population, jeunes ou adultes dans la vie quotidienne, sur les réseaux sociaux, principalement en ville mais parfois même en milieu rural. Cette langue n’a pas encore de statut mais elle est pratiquée. Les exemples sont nombreux, à l’instar de « tu vois za akia te hanao vacances a » ou encore « ce, qui est sûr hoe tsy ho lany io président iray io ».
