Le gouvernement dénonce une ingérence internationale et appelle au respect de souveraineté malgache

Antananarivo, 18 octobre, 8h10 – Les autorités malgaches répliquent à la Communauté internationale. Le gouvernement lance un appel « à la plus grande réserve concernent le respect du principe sacro-saint de la souveraineté nationale de notre pays », dans un communiqué publié mardi soir.

 

L’Exécutif répond à un autre communiqué conjoint des « partenaires internationaux de Madagascar » du 16 octobre. Un communiqué dont il « déplore l’absence de dialogue et d’échanges avant la publication ». Dans ce document, la France, les Etats-Unis, l’Allemagne, le Royaume Uni, le Japon, la Suisse, la Corée, l’Union européenne et l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) ont, entre autres, exprimé leurs « préoccupations à l’égard des derniers développements et du climat politique tendu à Madagascar ». Ils ont réitéré « l’importance du respect de la Constitution, des libertés d’expression » et se sont inquiétés de l’ « usage disproportionné de la force pour disperser les manifestations de l’opposition ».

 

 

Les autorités malgaches « tiennent à exprimer leurs inquiétudes quant à l’interprétation qui a été faite de certaines dispositions constitutionnelles à Madagascar ». Les « inquiétudes » touchent également « l’ingérence sous forme de jugement porté sur le fonctionnement des services publics de l’Etat ainsi que les forces de défense et de sécurité dans leur mission de maintien de l’ordre ».

 

Sur sa lancée, le gouvernement  « tient également à exprimer son grand étonnement sur certains points soulevés dans ce Communiqué ». Il apporte sa version des faits concernant la « répression non nécessaire et disproportionnée » contre les manifestations de l’opposition, citée par le Bureau des Droits de l’Homme des Nations unies, « partagée » par les « partenaires internationaux de Madagascar ». Il détaille également des arrestations des manifestants, sur les manifestations pendant la campagne électorale, sur l’exercice des libertés individuelles, sur les efforts de dialogue, sur l’égalité de traitement entre les candidats.

 

Le gouvernement « insiste fermement sur le fait que la démocratie doit passer par l’élection ». Il « tient à remercier le peuple malagasy pour sa prise de conscience, sa culture de la paix et sa mobilisation citoyenne pour la tenue de l’élection présidentielle » et « invite tous les partenaires nationales et internationales, à faire preuve de la même détermination afin de respecter le prescrit constitutionnel ».

 

Le Premier ministre Christian Ntsay et les ambassadeurs et représentants signataires du communiqué des « partenaires internationaux de Madagascar » se sont rencontrés à Mahazoarivo dans la matinée. Le communiqué du Bureau du Premier ministre, relatant l’existence de la rencontre, n’a pas de donné de détails sur le rendez-vous.