Antananarivo, 5 Juin, 9h42 – Le refus de l’interruption thérapeutique de grossesse (ITG) au cœur du message de pentecôte du Conseil œcuménique des églises chrétiennes (FFKM). Les quatre chefs d’Eglise rappellent dans leur lettre « le rejet catégorique par l’Eglise » de ce projet. « Le FFKM est inflexible et reste ferme sur ce refus », poursuit la lettre qui qualifie la proposition de loi d' »obscène et contraire aux valeurs malgaches où la vie est considérée comme quelque chose de précieuse et de sacrée ».
Les quatre chefs d’Eglise en appellent donc « aux autorités à faire tout ce qu’elles peuvent pour que ces mauvaises intentions ne se concrétisent pas ». Ils invitent particulièrement les élus, notamment les députés, à « ne même pas penser examiner ou adopter cette proposition de loi qui veut tuer des enfants innocents ». « Ne cédez pas aux pressions politiques qu’elles viennent de l’intérieur ou de l’étranger pour détruire le pays et les générations futures », ajoutent-ils, espérant « que le Saint Esprit apporte la lumière » aux responsables étatiques.
Près de huit mois après avoir été déposée devant le bureau permanent de l’Assemblée nationale, la proposition de loi sur l’ITG déposée par Masy Goulamaly n’est toujours pas examinée à Tsimbazaza. Alors que le texte venait de recevoir les observations du gouvernement, la conférence des présidents de l’Assemblée nationale l’a écarté de l’ordre du jour de Tsimbazaza, le considérant comme « contraire aux valeurs malgaches », indiquent certains députés. Le comité de suivi de la proposition de loi sur l’ITG et les partisans de la proposition de loi, de leur côté, dénoncent le « non-respect des procédures » et le « refus des débats ».
Dans la proposition de loi soumise par la député Masy Goulamaly, des conditions strictes sont prévues avant toute interruption thérapeutique de grossesse. Celle-ci prévoit notamment une « autorisation délivrée par une autorité judiciaire compétente après avis de deux médecins attestant de la gravité de la maladie et du consentement éclairé de la femme ». « Seuls les cas d’urgence ne nécessitent pas l’autorisation du juge et le double avis médical », précise encore le texte.
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