Antananarivo, 10 Mai, 11h20 – Le président de la République s’exprime sur l’interruption thérapeutique de grossesse (ITG). Dans une interview publiée dans Paris Match de cette semaine, il parle plutôt d’un “sujet complexe qui mérite un débat approfondi tant au niveau des législateurs que des communautés”. Interrogé sur la possibilité qu’une loi légalisant l’avortement, encore strictement interdit, puisse voir le jour à Madagascar, il indique qu’“une loi sur l’ITG en cas de viol ou de maladie mettant en danger la mère ou l’enfant est actuellement en discussion au Parlement”.
Contrairement à la loi sur la castration des individus coupables de viol ou encore sur les questions relatives à la planification familiale et à la contraception, Andry Rajoelina s’est gardé de donner son opinion sur la question de l’ITG dans son interview. S’il affirme “soutenir toute législation visant à sanctionner sévèrement les violeurs d’enfants” et s’il assure “assumer” ce soutien et le fait de l’avoir promulguée “en tant que père de la Nation”, il préfère laisser aux députés le soin de “prendre la décision en consultant les parties concernées” sur la question de l’ITG.
Sur la question de la planification familiale, le président de la République n’hésite pas non plus à mettre en avant son engagement. “J’ai dû me battre pour convaincre”, confie-t-il toujours à Paris Match. Il dit s’être “heurté aux évêques” quand il a “décidé de multiplier les investissements dans les plannings familiaux”. Mais malgré “la position [forte] de l’Eglise sur la contraception et le contrôle des naissances, en particulier son rejet des méthodes artificielles” et sa “foi catholique qui [le] porte dans [son] parcours”, le chef de l’Etat martèle qu’il “ne négocie pas ce qui n’est pas négociable, quelles que soient les contraintes, culturelles ou religieuses”.
Pour l’instant, le texte sur l’interruption thérapeutique de grossesse qui avait été déposé à l’Assemblée nationale en octobre 2021 par la député Masy Goulamaly est encore rangé dans les tiroirs de Tsimbazaza et n’a fait l’objet d’aucune discussion au niveau de l’institution. Après avoir reçu les observations du gouvernement lors de la première session ordinaire du Parlement de 2022, il avait été retiré de l’ordre du jour de l’Assemblée nationale. La député Aina Rafenomanantsoa avait indiqué à l’époque que “la conférence des présidents de l’Assemblée nationale a refusé d’introduire la proposition de loi sur l’interruption thérapeutique de grossesse à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale car il s’agit d’un texte contraire à la culture et aux valeurs malgaches ».
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