MACRO-ECONOMIE – L’Etat, en accord avec le Fonds monétaire international, s’engage à limiter les subventions octroyées aux compagnies nationales en difficulté et à mettre en place un mécanisme de tarification automatique des carburants
Antananarivo, 29 Octobre, 6h20 – Moins de transferts pour la Jirama. Subventions limitées pour Air Madagascar jusqu’à ce qu’un plan d’affaires viable soit adopté. Un plan d’ajustement tarifaire pour les carburants. Les recommandations du Fonds monétaire international (FMI) sont claires. Madagascar doit faire preuve de prudence dans la gestion des finances publiques.
La prudence implique, entre autres, la limitation des transferts aux entreprises publiques, la maîtrise de la masse salariale et du coût des retraites, ainsi que la poursuite des réformes structurelles qui « sont essentielles pour réduire les risques budgétaires ». Dans son communiqué de fin de mission publié en début de semaine, l’institution de Bretton Woods insiste surtout sur les cas des deux sociétés d’Etat Jirama et Air Madagascar ainsi que sur les prix des carburants.
C’est dans ce sens que, dans ses discussions avec le FMI en vue du déblocage de la deuxième tranche du programme de Facilité élargie de crédit, l’Etat s’est engagé sur plusieurs points. Il a ainsi assuré de limiter les transferts aux entreprises publiques, dont la Jirama, pour pouvoir financer davantage de dépenses sociales et d’investissement public. Le FMI, de son côté, insiste sur la nécessaire « restructuration de la compagnie nationale d’eau et d’électricité de façon à « renforcer sa situation financière » et à offrir « un meilleur service ». Le problème de trésorerie de la Jirama et l’accumulation de ses dettes l’amènent à demander tous les ans l’appui financier de l’Etat. En 2020, les subventions octroyées à la Jirama ont dépassé 800 milliards d’ariary.
Pour le cas d’Air Madagascar, le FMI insiste pour que l’injection d’argent public dans cette compagnie soit « strictement limitée jusqu’à ce qu’un plan d’affaires viable soit finalisé et approuvé ». Une éventuelle recapitalisation impliquerait que l’Etat, en tant qu’actionnaire majoritaire de cette compagnie, puise dans son budget. Un résultat financier positif d’Air Madagascar dépendra de sa gouvernance et de l’efficacité de son plan d’affaires, d’où les mesures de prudence avancées par le FMI en matière de subventions en faveur de la compagnie nationale aérienne.
Le FMI reste également sur sa position par rapport au secteur pétrolier aval. Il s’agit pour l’Etat « d’éviter l’accumulation de dettes envers les distributeurs de carburant ». Ce à quoi celui-ci s’est engagé à travers la préparation d’un « plan pour la mise en œuvre d’un mécanisme de tarification automatique des carburants ». Comme ce plan risque de conduire à une augmentation des prix des carburants, l’Etat s’est aussi engagé à ce que « les filets de sécurité sociale soient renforcés », indique cette institution financière dans son rapport.
La tâche s’annonce néanmoins difficile pour l’Etat compte tenu, entre autres, de l’énorme gap entre les prix qui devraient être appliqués et ceux qui sont actuellement affichés à la pompe. Les objectifs du FMI sont d’assurer que les carburants ne soient pas subventionnés et ne grèvent donc pas les finances publiques, d’un côté, et de l’autre l’application de la vérité des prix, en soutenant les couches vulnérables avec des mesures ciblées.