Andry Rajoelina, président de la République, a enfin tranché. Le conseil des ministres du jeudi 25 Juillet nomme Laza Eric Andrianirina comme directeur général du Bureau indépendant anti-corruption (Bianco).
La nomination de ce sortant de l’École nationale d’administration (ENA) et de l’École militaire de Saint Cyr, en France, clôt un processus qui avait débuté au mois d’avril, matérialisé par le lancement de l’appel à candidature pour le poste de DG du Bianco. Le nom de cet enseignant en sciences politiques, ancien officier de la gendarmerie nationale, sort du chapeau des trois remis par une commission ad hoc, ce après un premier tri parmi les 64 dossiers de candidature reçus au niveau du Conseil pour le sauvegarde de l’intégrité (CSI).
La désignation met fin à une attente, relativement longue, après l’expiration du mandat de Jean-Louis Andriamifidy, à la tête du Bianco, depuis le 23 Juin. Le chef de l’État a pris son temps avant de trancher, alors que l’organe chargé de mener la lutte contre la corruption n’avait plus de DG depuis un mois, obligeant l’entité à s’adapter à cette réalité. La liste des trois noms, parmi lesquels le chef de l’État devait en choisir un, lui avait pourtant été remise depuis le 2 Juin. « Cette nomination a trop duré et conduit à un vide institutionnel » avait interpellé Ketakandriana Rafitoson, directeur exécutif de la Transparency International Initiative Madagascar (TI-IM) tirant la sonnette d’alarme sur ce retard.
À charge maintenant à Laza Eric Andrianirina, l’homme aux multiples casquettes, d’entrer dans la danse pour mener la lutte contre la corruption. L’ancien directeur général de la Promotion de l’emploi, auprès du Ministère de l’Emploi, de l’enseignement technique et de la formation professionnelle et membre de l’Académie malgache aura, entre autres, pour tâche de mettre en œuvre la stratégie nationale de lutte contre la corruption.
Le nouveau DG du Bianco aura besoin de son expérience, pour faire face à une « corruption [qui] demeure une réalité trop ancrée dans notre quotidien à Madagascar », selon la communication faite par la Présidence de la République le 20 Février. Celui qui avait mené des investigations relatives à des affaires de corruption, dans l’une de ses charges antérieures, devrait réaliser des résultats dans un pays où la corruption gangrène toutes les strates de la société. Il suffit de voir le classement de Madagascar, 152ème sur les 180 pays enquêtés par Transparency International (TI), en matière de perception de la corruption, pour confirmer ce constat.
Laza Eric Andrianirina devrait contribuer à matérialiser la promesse présidentielle, de « lutter activement pour faire reculer la corruption, voire l’éradiquer », érigée en priorité « afin de promouvoir l’intégrité, la redevabilité et la transparence ». Dans la lutte contre ce fléau, le pouvoir entend inverser la tendance et de prendre les dispositions nécessaires, pour atteindre l’objectif d’un score de 50/100 à l’horizon 2024, selon l’indice de perception de la corruption (IPC) établi par TI. Pour l’heure, la Grande île a réalisé la moitié de ce score, à savoir 25/100.
Photographie : archive DG Enseignement Technique et Professionnel
