NIVEAU DE VIE – 81,6% des Malgaches, vivant avec moins de 2,15 dollars soit à peu près 9.000 ariary par jour, sont classés extrêmement pauvres avec le nouveau seuil international de la pauvreté

Antananarivo, 19 Octobre, 7h38 – Madagascar est peuplé majoritairement de « pauvres ». La Banque mondiale estime, pour cette année 2022, à 81,6% le taux de la population malgache vivant en dessous du nouveau seuil international de pauvreté, qui est fixé à 2,15 dollars, soit à peu près 9.000 ariary par jour. Toutes ces personnes sont considérées comme vivant dans l’extrême pauvreté, explique l’institution de Bretton Woods.
Les nouvelles vagues de Covid-19, la série de chocs climatiques, et la hausse des prix des produits alimentaires et du carburant résultant de la Guerre en Ukraine sont des facteurs avancés par la Banque mondiale dans son Macro poverty outlook (MPO) pour Madagascar ayant conduit à cette situation. Cette institution financière prévoit, par conséquent, que ce taux de pauvreté devrait encore rester légèrement au-dessus de 80% au cours des deux prochaines années, contre une moyenne de 42% pour le reste de l’Afrique subsaharienne.
L’ancien seuil international de pauvreté de 1,90 dollar résultait de la moyenne des seuils nationaux de pauvreté de 15 pays pauvres dans les années 1990 qui étaient exprimés en Parité de pouvoir d’achat (PPA). Le nouveau seuil actuellement en vigueur est basé sur les prix de 2017. Le relèvement de ce seuil reflète la hausse des coûts supportés par les populations des pays à faible revenu pour répondre à leurs besoins essentiels entre 2011 et 2017 par rapport au reste du monde. « Autrement dit, la valeur réelle de 2,1 dollars aux prix de 2017 est la même que celle de 1,90 dollar aux prix de 2011 », explique la Banque mondiale.
Si l’on se réfère encore aux indicateurs de ce MPO pour Madagascar, on remarque que le pourcentage de la population vivant avec moins de 3,5 dollars soit environ 15.000 ariary par jour (lower middle-income poverty rate) est de 92,2%. Il est de 98,3% pour ceux qui vivent avec un revenu moyen journalier de moins de 6,85 dollars, soit environ 30.000 ariary (upper middle-income poverty rate).
La Banque mondiale estime par ailleurs dans ce MPO que la croissance pourrait encore ralentir pour Madagascar si la guerre en Ukraine conduit à des prix élevés de l’énergie, un affaiblissement de l’économie des principaux partenaires commerciaux de la Grande île une liquidité mondiale plus restreinte. Des réformes structurelles pour réduire les coûts des transports ou pour faciliter les investissements étrangers et l’entrepreneuriat national aideraient à établir la base pour plus de compétitivité et une croissance résiliente à moyen terme, recommande alors cette institution de Bretton Woods.