NIVEAU DE VIE – Un taux de pauvreté légèrement en baisse mais toujours élevé en 2024

Antananarivo, 29 Avril, 16h40 – Élevé et persistant. Le taux de pauvreté à Madagascar devrait se maintenir à environ 79,7% en 2024. Ce serait la proportion des Malgaches disposant de moins de 2,15 dollars par jour, et qui se verraient considérés comme vivant dans l’extrême pauvreté. C’est ce qui est prévu par la Banque mondiale dans ses Perspectives macroéconomiques de la pauvreté à Madagascar ou les « Macro Poverty Outlook » (MPO) qu’elle vient de publier en ce mois d’avril.

Pour la Banque mondiale, cette situation est due à une création d’emplois qui devrait rester limitée par rapport à la croissance démographique. Ainsi, environ 24,8 millions de personnes devraient rester pauvres. Et ce nombre est supérieur à la population totale du Burundi et du Soudan du Sud, où les taux de pauvreté sont également très élevés, expose cette institution de Bretton Woods.

La tendance devrait néanmoins enregistrer une légère baisse à moyen terme. Dans sa projection dans les MPO de Madagascar, le taux de pauvreté du pays qui est prévue se situer cette année à 79,7% devrait baisser à 79,1% en 2025 pour être à 78,4% en 2026, avance la Banque mondiale. Pour 2023, ce taux se situait à 80,7% en 2023.

Ce partenaire de la Grande île estime par ailleurs que la croissance devrait s’accélérer pour le pays, pour atteindre une moyenne de 4,6% en 2024-2026. Ceci, grâce à des effets de base favorables, à des opportunités commerciales et touristiques accrues et à un nouvel élan pour l’investissement privé à la suite de réformes structurelles percutantes dans des secteurs clés tels que l’exploitation minière, la technologie numérique et le climat d’investissement, expose cette institution financière. L’extension potentielle de la loi américaine sur la croissance et les opportunités en Afrique (Agoa) pourrait également avoir un impact positif sur les activités économiques, en particulier sur les investissements dans l’industrie textile, ajoute-t-elle.

Des améliorations seraient à noter, concernant notamment le déficit de la balance courante qui devrait rester stable à environ 4,7 % du PIB en 2024-26. Cette situation refléterait principalement une réduction du déficit de la balance commerciale des biens et des services, en ligne avec l’augmentation des exportations des secteurs minier et touristique et la baisse des prix du pétrole brut, d’après les explications de la Banque mondiale. « Le déficit des comptes courants devrait être financé principalement par les investissements directs étrangers et le financement extérieur du secteur public », a-t-elle soutenu.

Le déficit budgétaire, pour sa part, devrait également se réduire à une moyenne de 3,1 % du PIB sur la période 2024-26. Cela sous l’effet d’une augmentation de la collecte des recettes, notamment dans le secteur minier, à mesure que les projets miniers accélèrent la production après la promulgation du nouveau code minier. Le ratio de la dette publique au PIB devrait par ailleurs rester élevé mais soutenable, s’établissant en moyenne à 57 % du PIB sur la période 2024-26.

Les risques naturels récurrents, les conflits internationaux en cours et un ralentissement de l’économie mondiale vont cependant peser sur les perspectives. Et à ceux-ci s’ajoutent les risques de dégradation de la situation intérieure. Ils comprennent les tensions financières des entreprises publiques, en particulier la Jirama et Madagascar Airlines ainsi que les retards dans la mise en œuvre de réformes structurelles essentielles, d’après la Banque mondiale.

🔴 Pour ne manquer aucune actualité de Madagascar, suivez-nous sur Google Actualités et  WhatsApp.