NUTRITION – 8,8 millions de Malgaches soit environ 33% de la population de Madagascar en situation d’insécurité alimentaire, selon la présentation de la Banque mondiale
Antananarivo, 16 Octobre, 16h37 – Des chiffres qui interpellent. Un million de personnes supplémentaires ont été enregistrées en situation d’insécurité alimentaire en l’espace de trois mois. Madagascar a ainsi recensé 8,8 millions de personnes, soit environ 33% de sa population, dans cette situation vers la moitié du mois de septembre de cette année. Ces chiffres sont du Programme alimentaire mondial (PAM), indique la Banque mondiale qui les a repris dans la présentation de Madagascar sur son site officiel.
La situation risquerait encore de s’empirer, surtout dans le Sud de Madagascar. En se basant sur le Cadre intégré de classification alimentaire (IPC), la Banque mondiale estime que plus de deux millions de personnes connaitront probablement des niveaux d' »insécurité alimentaire aigue » entre le mois de Décembre de cette année et le mois de Mars 2023. 284.600 personnes se trouveront dans une situation d’urgence. Pour le cas de ces derniers, cette phase d’urgence, comme le décrit l’IPC, est une phase dans laquelle les ménages ont une consommation alimentaire largement insuffisante qui se traduit par une malnutrition aigüe très élevée et une mortalité excessive.
La coordinatrice nationale de l’Office national de la nutrition (ONN), la Pr Hanta Marie Danielle Vololontiana, avait déjà avancé lors de la présentation de la Journée mondiale de l’alimentation qu’environ deux millions de personnes sont menacées par la malnutrition entre ce mois d’octobre et le mois de décembre. C’est une estimation qui se base sur la situation actuelle mais également après l’observation de plusieurs facteurs, dont climatiques.
L’ONN ainsi que les différents partenaires de la Grande île avaient déjà néanmoins pris des mesures de prévention mais également des actions visant à accompagner les personnes qui sont menacées par la malnutrition à faire face à la période de soudure, rassure-t-elle. Ces actions concernent l’amélioration de la production, leur conservation et leur transformation ainsi que des programmes d’améliorations de sources de revenus pour la population. L’ONN entend également poursuivre l’éducation nutritionnelle qu’il a déjà menée au niveau des populations cibles. La Pr Hanta Marie Danielle Vololontiana avait en effet expliqué que Madagascar dispose de plusieurs zones propices en production agricole, d’élevage et de pêche mais qui sont pourtant touchées par la malnutrition.