NY ANDRIANARISOA : Faire de la photographie, « c’est rendre la vie plus humaine ».

Spécialisée dans la photographie sur la grossesse, de nouveau-nés et de photothérapie, Ny Andrianarisoa fait partie de l’Union des photographes professionnels de Madagascar (UPPM), ces personnes qui, à travers leur métier, « un vrai métier », « immortalisent un moment donné ». Ny Andrianarisoa partage aujourd’hui sa vision à elle de ce qu’est le métier de photographe professionnel et ce que la photographie apporte dans la vie de tout un chacun. Rencontre.

Spécialisée dans la photographie sur la grossesse, de nouveau-nés et de photothérapie, Ny Andrianarisoa fait partie de l’Union des photographes professionnels de Madagascar (UPPM), ces personnes qui, à travers leur métier, « un vrai métier », « immortalisent un moment donné ». Ny Andrianarisoa partage aujourd’hui sa vision à elle de ce qu’est le métier de photographe professionnel et ce que la photographie apporte dans la vie de tout un chacun. Rencontre.

Ny Andrianarisoa est photographe professionnelle. Elle immortalise des moments dans la vie des gens. Elle a particulièrement choisi les photos de grossesse.
Elle évoque des clichés qui célèbrent la vie.

 

Qu’est-ce qu’un photographe pour vous ?

Pour moi, être photographe c’est immortaliser un moment donné. On dit souvent que « La vie n’a pas de pause », la photographie c’est donc ce bouton de pause de la vie. C’est-à-dire qu’un instant donné, précis pour nous, ça peut être un enfant qui apprend à marcher. Cette photo sera archivée à jamais : c’est l’instant figé dans la vie pour qu’on puisse se souvenir dans le futur et revivre ce moment. Comme je le dis assez souvent « C’est rendre la vie plus humaine », parce qu’il existe des moments où on ne sait pas vivre l’instant présent. Par exemple, il y a un moment de joie et on est occupé à prendre des
photos alors qu’on n’est pas photographe mais invité, et on ne vit pas le moment.

A quoi servent alors les photos, d’après vous?

Elle raconte aussi la vie telle qu’elle est, mise à part notre la perception que l’on a, parce que nos regards disposent de filtres, c’est-à-dire qu’on a déjà nos jugements et appréhensions, alors que la photo nous montre la réalité de ce qu’elle en est. C’est le cas dans la photo pour la photothérapie par exemple. Nous sommes habitués à nous voir, et on se dit « je n’aime pas mon nez, je n’aime pas ça », et la photo montre exactement comment vous êtes. Il se peut que ce que vous pensez soit pire que la réalité.

Comment les Malgaches perçoivent-ils le métier de photographe professionnel ?

Ça s’est amélioré dans le domaine du travail, on commence à avoir de la considération du métier de la photographie, que c’est « un métier, un vrai métier ». Comme l’a affirmé Felana Rajaonarivelo lors de la conférence de presse, il n’y a plus de « C’est quoi votre véritable métier ? ».

Vous faites des photos sur les grossesses ? Pourquoi ce choix?

Je préfère un peu plus prendre des photos de grossesse et de nouveau-nés parce qu’on célèbre la vie. Il y a un miracle qui se déroule à l’intérieur de l’humain et il y a une vie ainsi qu’un enfant qui est engendré dans votre corps et le corps se métamorphose. Et c’est là qu’intervient la photo de grossesse car cette transformation montre que le corps humain peut supporter des choses qu’on ne peut pas imaginer. La photo de grossesse nous montre la puissance du corps, la beauté du corps même si on dit que les femmes sont pleines de vergetures, avec un gros nez et un ballonnement des pieds lorsqu’elles sont enceintes. Quand on prend ça en photo, je reviens sur ce que j’avais dit qu’on a une autre vision, quand on vous prend en pose et qu’on montre cette puissance, votre énergie, en portant votre bébé, ça fait ressortir un autre genre de « beauté ».

Racontez-nous votre photo coup de cœur au cours de votre carrière ?

Oui, il y a une photo que j’ai prise qui m’a marqué jusqu’à présent. C’est la photo d’une femme enceinte. La situation de cette femme m’a vraiment touché parce qu’elle avait eu des problèmes de grossesse. Elle était alitée depuis les premiers mois de conception jusqu’à l’accouchement. C’est lorsque le docteur lui a annoncé qu’elle peut se lever du lit qu’on a effectué sa séance photo. Ces photos, si jamais je ne survis pas, constitueront des souvenirs pour mon mari et mon enfant, avait-elle dit.