ORDRE PUBLIC – Deux maires placés en détention préventive à Farafangana, des affrontements évités

Antananarivo, 28 Octobre, 19h35 – Farafangana était sous tension. Des partisans des maires de la Commune Manambotra Sud et de celle de Vohitromby ont tenté de rallier la capitale de la région d’Atsimo Atsinanana avec l’intention d’exfiltrer les édiles, incarcérés, ce mercredi.
« Ils étaient près de 850 à s’apprêter à entrer dans la ville de Farafangana pour attaquer la prison », raconte Herilaza Imbiki, ministre de la Justice, en marge de sa rencontre avec les membres de Justice et Paix, à Antanimena ce jeudi. « Mais il y avait des négociations qui avaient été engagées (…) permettant de les bloquer [à l’entrée de la ville]».
Le Garde des sceaux indique la participation des responsables au sein de l’Organe mixte de conception (OMC) et des « raiamandreny » aux pourparlers avec une foule vindicative pour éviter un éventuel drame. Il assure que les discussions se sont poursuivies ce jeudi alors que ce n’est pas la première fois qu’une telle tentative de venir dans la capitale de la région d’Atsimo Atsinanana est intervenue cette semaine dans cette affaire.
Selon Marcellin Rajoely, maire de Farafangana, les deux maires ont été arrêtés par les forces de l’ordre, l’un depuis un mois et l’autre depuis une semaine. Ils sont soupçonnés d’avoir participé à une opération contre des présumés « dahalo » dans le cadre du « kadine », une nouvelle organisation qui remplace le « kalôny », pacte villageois contre l’insécurité. Toujours selon Marcellin Rajoely, l’initiative débouche sur des morts d’hommes alors que Herilaza Imbiki évoque l’existence d’incendie d’habitations.
Le Général de corps d’armée Richard Rakotonirina, ministre de la Défense nationale, avait ordonné l’arrêt du « kalôny quels que soient ceux qui le soutiennent » en septembre. L’officier général s’est déplacé dans la région d’Atsimo Atsinanana après des affrontements meurtriers entre des habitants et des présumés « dahalo » à Befotaka Atsimo, mais également de la fuite des habitants de Marompagnahy à la suite d’une attaque qualifiée représailles contre le village. Des soupçons d’abus autour des opérations entrant dans le cadre de « kalôny » avaient été avancés.
Photos : Roulier Fahenimanana