OUVRAGE – 20.000 exemplaires du dictionnaire d’éducation bilingue usuel (D.E.B.U) disponibles dans les librairies pour apprendre le français aux malgachophones, selon son auteur Mathilde Deverchin-Rakotozafy

Faire la différence, entre « maty » qui veut dire mort et « vola maty » qui signifie « la recette du jour », ou « matimaty » « tiède » et  » matimaty » « éperdu d’amour ». Si vous voulez apprendre le français sans pour autant sortir les vocabulaires malgaches de leur contexte culturel, ce sont des explications que vous trouverez dans le dictionnaire d’éducation bilingue usuel (D.E.B.U). Il s’agit d’un dictionnaire à vocation pédagogique écrit par Mathilde Deverchin-Rakotozafy, spécialiste de la traduction et professeur chercheur des universités. Elle a présenté son ouvrage, fruit de cinq années de dure labeur samedi après midi dans les locaux de la librairie Saint-Paul à Analakely.
Des amoureux de la langue malgache ainsi que des académiciens étaient présents durant l’événement, pour ne citer que le Pr Raymond Ranjeva, ancien président de l’Akademia malagasy, ainsi que la spécialiste en sociolinguistique, le Pr Irène Rabenoro, qui a aussi aidé à l’élaboration de l’ouvrage.
Pour Mathilde Deverchin-Rakotozafy, cet ouvrage est « le tout premier qui entre dans tous les détails de difficultés d’apprentissage de français pour les malgachophones ». Elle regrette qu’en se limitant au lexique, l’apprentissage du français ne va pas loin à Madagascar. « Je suis consternée quand je vois sur la toile que ‘zaza rano’ signifie l’enfant de l’eau, alors que ça veut dire un enfant mort-né », déplore-t-elle. Elle dédie ainsi son œuvre à tous les malgachophones désireux de « pratiquer un malgache correcte et un français acceptable ».
Mais l’ouvrage s’adresse aussi aux francophones qui collaborent avec des malgachophones, et qui font face aux mêmes difficultés de compréhension. La particularité de D.E.B.U selon son auteur est de considérer le dialogue culturel, compte tenu de la richesse de la langue malgache et de la particularité de sa structure. On y découvre un peu de tout, dont des vocabulaires populaires comme « ledala » ou « milay », souligne-t-elle encore dans sa présentation.
Edité en 20.000 exemplaires, le dictionnaire est vendu dans toutes les librairies à Madagascar. Un prix promotion est proposé pour tout le mois d’Août aux premiers acheteurs de ce dictionnaire, annonce encore son auteur, qui affirme « s’être battue des années auprès des partenaires financiers pour que l’ouvrage de 775 pages et contenant plus de 8.000 entrées soit vendu à prix raisonnable ». Le plus important selon Mathilde Deverchin-Rakotozafy, c’est de mettre cet ouvrage pratique à la dispositions des Malgaches afin qu’ils puissent maîtriser les deux langues.