Une mission du Fonds monétaire international (FMI), conduite par Constant Lonkeng Ngouana, est à Madagascar. Les émissaires du Bretton Woods se rendent au pays pour combiner les troisième et quatrième revues des programmes sur la Facilité élargie de crédit (FEC) et sur la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD). Plusieurs rencontres avec les autorités et acteurs malgaches sont ainsi prévues pendant leur séjour qui s’étalera sur deux semaines.
Cette mission a démarré ce lundi, avec une réunion mobilisant un front interministériel pour couvrir les volets financiers, énergétiques et environnementaux du programme ainsi que la Banky foiben’i Madagasikara en sa qualité d’autorité monétaire. Les échanges ont prioritairement porté sur l’évaluation des performances réalisées au cours de l’exercice 2025.
Mais au-delà de l’analyse des indicateurs, les discussions se sont orientés vers le traitement des défis structurels persistants, de même que la définition des orientations pour la poursuite des réformes. Mais elles porteront également sur la consolidation de la stabilité macroéconomique ainsi que la promotion d’une croissance durable, résiliente et inclusive, rapporte notamment le ministère de l’Économie et des finances (MEF).
Les revues des programmes économiques, soutenus par le FMI, sont donc combinées. Un format qui est adopté suite au report de l’échéance de novembre 2025. Le succès de cette mission est déterminant. L’approbation de ces revues conditionne le décaissement des fonds associés, sous réserve du respect des critères de performance et des repères structurels mutuellement convenus.
Initialement, le calendrier du FMI avait prévu un déroulement séquencé en deux étapes distinctes pour le suivi du programme économique de Madagascar. Pour la troisième revue, l’échéance était fixée au 30 novembre 2025. Elle conditionne le déblocage de 36,66 millions de DTS au titre de la FEC, sous réserve du respect des critères de performance à fin juin 2025, ainsi que le versement lié à la FRD après la mise en œuvre des mesures de réforme n°4 (intégration d’un marquage budgétaire climatique dans la loi des finances 2026), n°5 (réforme profonde du Code de l’eau) et n°11 (formalisation d’une stratégie nationale de finance climatique).
Pour la quatrième revue, l’objectif est programmé pour le 30 mai 2026. Ce second jalon prévoit un nouveau décaissement de 36,66 millions de DTS (FEC) basé sur les résultats économiques à fin décembre 2025, accompagné des financements FRD correspondants aux mesures de réforme n°7 (élimination totale des subventions aux prix des carburants) et n°9 (activation du Fonds nationale de l’énergie durable ou le FNED).
Dans la configuration actuelle, la mission de mars 2026 fusionne ces deux étapes en une revue combinée. Ce qui devrait permettre de régulariser le retard accumulé depuis novembre 2025 et d’évaluer globalement l’atteinte des objectifs structurels et financiers prévus pour ces deux périodes.
