Antananarivo, 23 Février, 9h15 – Les inégalités sociales se sont réduites sur la Grande île ces dix dernières années. Sauf que « cette baisse est due à des mauvaises raisons », regrette Atou Seck, responsable des opérations de la Banque mondiale pour Madagascar, au cours de la présentation de sa dernière évaluation de la pauvreté à Madagascar. « L’inégalité nationale a diminué à mesure que les zones urbaines s’appauvrissaient au cours de la dernière décennie », souligne la Banque mondiale dans son communiqué publié à cette occasion.
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Selon les chiffres disséminés jeudi, « la pauvreté urbaine a considérablement augmenté, passant de 42,2% en 2012 à 55,5% en 2022 ». Cette augmentation a été particulièrement importante dans les villes secondaires où la pauvreté est passée de 46 % à 61 % entre 2021 et 2022. La pauvreté rurale, elle, est restée toujours aussi élevée avec un taux de 79,9%.
Les différents chocs que Madagascar a subi expliquent en grande partie cette hausse spectaculaire de la pauvreté dans les villes malgaches. La Banque mondiale parle notamment de la pandémie de Covid-19 mais aussi de la multiplication des cyclones et des épisodes de sécheresses de ces dix dernières années. “La série de cyclones a exacerbé la pauvreté urbaine, entraînant des pertes d’emploi et des baisses de revenus parmi les ménages urbains” indique toujours le rapport. “La migration lente mais continue des zones rurales vers les zones urbaines en raison de la grande pauvreté, de la fécondité élevée et de la vulnérabilité aux chocs a aggravé le problème”.
L’institution de Bretton Woods recommande ainsi la mise en place de nombreuses réformes pour inverser la tendance de l’avancée de la pauvreté dans le pays. « La lutte contre la pauvreté à Madagascar nécessite une réforme audacieuse en faveur de la croissance qui améliorera le climat des affaires, encourage la concurrence, renforce le capital humain, investira dans la connectivité, l’accès à l’énergie et l’infrastructure numérique, et stimulera la productivité agricole », a notamment déclaré Atou Seck, responsable des opérations de la Banque mondiale pour Madagascar.
Le rapport de la Banque mondiale incite aussi la mise en place de projet structurant en faveur du développement rural pour éviter les exodes urbains. Le rapport parle notamment de “l’amélioration des infrastructures rurales, en particulier le réseau routier délabré”. “Une première étape cruciale dans la réduction de la pauvreté rurale”. La gouvernance dans les secteurs de l’éducation et de la santé doit aussi être améliorée. La Banque mondiale recommande aussi d’accroître la résistance aux chocs et le renforcement des filets de sécurité sociale de base.
