PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES – Le projet de loi de finances rectificative révise le taux d’inflation et le situe à 9,2% à la fin de 2022

Antananarivo, 22 Juin, 18h07 – Un taux proche des deux chiffres. Le taux d’inflation pour Madagascar devra se situer à 9,2% à la fin de cette année. C’est ce qu’a exposé la ministre de l’Economie et des finances, Rindra Rabarinirinarison, durant la présentation du projet de loi des finances (PLFR) 2022 à l’Assemblée nationale ce mercredi. Ce chiffre est déjà au dessus des 6,4% prévus dans la loi des finances initiale 2022 mais il est également en hausse par rapport aux 7,7% avancés par la Banque mondiale dans sa note sur les perspectives économiques de Madagascar et par rapport à la dernière mise à jour à 8,8% effectuée par le Fonds monétaire international (FMI) au mois de Mai.

Cette situation est avant tout causée par la hausse des prix des produits à l’international, explique la ministre en charge de l’Economie . Le PLFR parle d’une inflation « essentiellement importée ». L’Etat se défend même dans ce document, en expliquant que « la reprise économique a tiré l’inflation à la hausse non seulement à Madagascar mais aussi dans le reste du monde, notamment les pays qui ont mis en œuvre des plan de relance massifs ».

Ce taux d’inflation est prévu se stabiliser au cours de l’année prochaine pour finir à 7% à la fin de l’année 2023, selon les projections de la Banque centrale de Madagascar (BCM). Les pays pauvres comme Madagascar sont encouragés par le FMI à entreprendre une action publique équilibrée « pour maintenir les aides en faveur des plus défavorisés, combattre la pandémie et l’inflation, juguler les risques financiers et favoriser la croissance et les emplois ».

Une des mesures prises par l’Etat est l’augmentation des salaires pour le secteur public et le secteur privé. Il s’agit d’une hausse dégressive des salaires en fonction des catégories professionnelles pour la fonction publique et la fixation à 250.000 ariary du salaire minimum d’embauche (SME) pour le secteur privé contre les 220.000 ariary convenus entre le patronat et le syndicat des travailleurs. Un transfert de 40 milliards d’ariary du crédit de base vers la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnaps) sera effectué pour subventionner cet écart.

La Banque centrale a également ajusté ses taux d’intérêt face aux pressions inflationnistes. L’autorité monétaire a relevé le taux des facilités de dépôt à 6% ainsi que le taux des facilités de prêt marginal à 8%. Elle a parallèlement décidé de maintenir le coefficient des réserves obligatoires à 13% au mois de mai. La BCM justifie ces ajustements sur la base de ses analyses qui font état de pressions inflationnistes sur l’environnement économique.

Photo : Assemblée nationale