Antananarivo, 25 Novembre, 6h35 – En plein essor. Madagascar s’attend à une croissance de 4,9% de son secteur textile pour l’année prochaine. Et cette croissance devrait encore poursuivre une courbe ascendante qui sera de 8,7% en 2025 et de 8,9% d’après les projections du ministère de l’Economie et des finances (MEF) dans le Document de performance de Madagascar que ce département a publié.
Le ministère en charge de l’Economie se veut optimiste et estime que Madagascar continuera à bénéficier des avantages de l’African Growth Opportunities Act (Agoa) qui arrivera à échéance en 2025. Le pays pourrait conquérir de nouvelles parts de marché avec la suspension de l’Ethiopie en raison de la situation sociopolitique et sécuritaire de ce pays et la possible inéligibilité de l’île Maurice dont le revenu par habitant devrait dépasser le seuil d’éligibilité pour l’Agoa, expose le MEF dans ce Document de performance.
La délocalisation de l’industrie textile offre depuis des années plusieurs opportunités pour Madagascar qui dispose de l’expérience en la matière ainsi que de plusieurs avantages comparatifs, explique la directrice générale de l’Economic development board of Madagascar (EDBM), Josielle Rafidy. Et le pays continue d’intéresser les investisseurs étrangers, notamment asiatiques, confie cette responsable de l’agence nationale de promotion des investissements.
Madagascar pourrait d’ailleurs gagner davantage de cette filière. Le Centre du commerce international (ITC) indique, à titre d’exemple, que les marchés avec le potentiel d’exportation le plus élevé des vêtements de Madagascar sont les Etats-Unis, l’Afrique du Sud et la France. L’Afrique du Sud montre la différence en valeur la plus importante entre les exportations potentielles et réelles, indiquant une possibilité de réaliser des exportations additionnelles équivalant à 92 millions de dollars.
Ce secteur est cependant confronté à plusieurs contraintes qui pénalisent son expansion, comme l’irrégularité de l’approvisionnement en électricité. Les incertitudes liées au contexte sociopolitique sont également à prendre en compte.
Le secteur textile et habillement figure parmi les filières priorisées dans le Pacte sur la programmation industrielle de Madagascar. Et la vision commune des parties signataires de cette convention consiste en l’émergence d’une industrie du textile et de l’habillement moderne, compétitive, durable et dynamique, pleinement intégrée dans l’économie mondiale, menant à une augmentation des exportations et de la contribution industrielle au produit intérieur brut.
L’Etat et le secteur privé se sont convenus de créer un climat d’affaires favorable et travailler pour parvenir à une marque de confiance pour les produits « Made in Madagascar ». Les deux parties travailleront également dans l’amélioration de la compétitivité des membres du cluster et le développement continu des compétences professionnelles et techniques.
