Le Comité monétaire de Banky foiben’i Madagasikara (BFM) avait décidé de maintenir son taux directeur à 12%. L’autorité monétaire indique avoir pris cette décision, estimant que ce niveau est “approprié” pour atteindre l’objectif d’inflation de 5% à moyen terme et préserver un cadre macroéconomique propice à la stabilité économique. La décision de politique monétaire a été exposée par BFM devant les représentants du secteur privé, mardi.
La Banque centrale opte pour ce statu quo, bien qu’elle ait rapporté une inflation en net recul et une monnaie stabilisée. Elle explique qu’assouplir prématurément la politique monétaire pourrait raviver les tensions sur les prix, fragiliser le pouvoir d’achat de l’ariary ainsi que compromettre les perspectives de croissance. BFM se veut d’ailleurs prudente face aux pressions inflationnistes qui subsistent et la fragilité de la désinflation. Elle note en effet des distorsions entre l’offre globale et le niveau de surliquidité du marché.
Selon le rapport de la Banque centrale, cette surliquidité avait atteint un niveau “exceptionnellement élevé” au début de l’année 2026, expliquée notamment par des entrées importantes de devises liées à des projets de développement en fin d’année 2025. Or économiquement, trop de liquidités disponibles dans le système bancaire peuvent entraîner une distribution excessive de crédits. Ce qui risque d’augmenter la masse monétaire plus vite que la production et de relancer ainsi l’inflation.
Le défi est alors de s’assurer que cet argent serve à financer l’économie réelle plutôt que de rester bloqué dans les facilités de la banque centrale ou de nourrir la spéculation. BFM avait ainsi encouragé les établissements bancaires à orienter ces excédents de liquidité vers le financement de l’économie.
Les banques commerciales indiquent digérer le maintien à 12% du taux directeur. “Nous ne le considérons pas comme prohibitif. Mais nous estimons qu’il y a possibilité de libérer davantage de la liquidité pour mettre à disposition les opérateurs économiques les moyens dont ils ont besoin, surtout après les chocs du dernier trimestre, pour assister à une vraie relance”, soutient Hugues Bonshe Makalebo, président de l’Association professionnelle des banques (APB) de Madagascar.
A en croire les explications de cette association, la surliquidité n’est pas répartie de manière égale. Des instruments différenciés avaient alors été suggérés afin de donner plus de moyens aux banques qui ont réellement la “volonté de financer”. La résilience du secteur bancaire pourrait être renforcée avec des assouplissements qui permettraient à certains de disposer des moyens pour continuer à financer l’économie, lance son président.
BFM dit être en mode “observation” de la conjoncture et des dialogues publics-privés pour la relance des entreprises nationales. Les banques veulent, pour leur part, être proactives pour que la reprise, prévue pour le deuxième trimestre, commence dès maintenant.