POLITIQUE MONETAIRE – La Banque centrale revoit à la hausse ses taux d’intérêts pour stabiliser les prix

Ajustement. Le comité monétaire de la Banque centrale de Madagascar (BCM) décide de relever le taux de facilité de dépôts qui était de 8,10% à 8,50%. Pareil pour le taux de facilité de prêt marginal qui passe de 10,10% à 10,5%. L’autorité monétaire indique avoir pris cette décision sur la base de l’évolution récente des prix et sur les prévisions au cours des prochains mois. La BCM indique même que c’est indispensable pour assurer la stabilisation requise afin de relancer l’économie, et retrouver de nouvelles conditions d’équilibre.

C’est désormais avec ce taux de facilité de dépôt de 8,50% que les banques commerciales sont encouragées à placer leurs excédents de liquidités au niveau de la BCM. Ce taux a toujours été revu à la hausse, passant de 3,8% au mois de novembre 2021, de 6,90% au mois d’aout 2022, rehaussé à 8,10% au mois d’octobre 2022 et maintenu à ce niveau au mois de février de cette année. Cette décision est généralement prise afin de ponctionner les liquidités qui circulent sur le marché.

Ces banques sont inversement dissuadées à ne pas emprunter de l’argent auprès de la Banque centrale avec le taux de prêts marginal qui augmente à 10,50%. Car pour leur besoin de refinancement, elles doivent donc verser 10,50% en plus de l’argent qu’elles ont emprunté. Et ce taux n’a également cessé d’augmenter puisqu’il est passé de 7,2% au mois de novembre 2021, à 8,9% au mois d’août 2022, à 10,10% au mois d’octobre 2022 et maintenu à ce niveau au mois de février 2023.

 

La Banque centrale a ainsi suivi le conseil du Fonds monétaire international (FMI) qui l’a invitée à rester alertée par rapport à la situation de l’inflation et à prendre les mesures nécessaires lorsqu’elle le jugera adéquat pour pouvoir contenir les pressions. Afin de contenir l’inflation et pour stabiliser les prix, l’autorité monétaire malgache devait revoir ces taux de refinancement. Le représentant de cette institution de Bretton Woods, Mokthar Benlamine, avait soutenu au mois de mars qu’« il faut augmenter les taux pour pouvoir faire baisser l’inflation ». Cette disposition serait d’ailleurs selon lui « le moyen et peut-être le seul moyen que le pays a actuellement pour y parvenir avec son régime monétaire ».

 

Les banques commerciales se sont cependant plaintes de ce rehaussement des taux directeurs de refinancement opéré par la Banque centrale depuis ces derniers temps. Elles avaient soulevé que ces décisions ont généré des problèmes de liquidités. Au mois de mars de cette année, ces banques centrales ont appelé l’autorité monétaire à un dialogue pour qu’il y ait une amorce de détente de ces taux. La Banque centrale, de son côté, a toujours rassuré qu’elle continuera de suivre de près l’évolution des variables pouvant influencer les prix par rapport à leur niveau propice à la croissance économique.