PRODUCTION D’ELECTRICITE – Risque de paralysie de l’approvisionnement en carburant de la Jirama à cause de sa capacité à régler ses arriérés envers les transporteurs d’hydrocarbures
Antananarivo, 9 Août, 12h36 – Une situation à débloquer. L’Association professionnelle des transporteurs d’hydrocarbures (APTH) donne au ministre de l’Energie et des hydrocarbures (MEH) jusqu’au 15 août pour trouver une solution aux problèmes de paiement de leur prestation pour la compagnie nationale d’eau et d’électricité. Sans solution au-delà de ce délai, ce groupement se dit contraint de « prendre des décisions qui malheureusement mèneront à une situation de paralysie », déclarent ces transporteurs dans une lettre qu’ils ont envoyée au MEH lundi.
La Jirama devait 12,827 milliards d’ariary aux transporteurs d’hydrocarbures au mois d’avril, que la société d’Etat s’était engagée à payer à raison de 2 milliards d’ariary par mois et pendant six mois. Des membres de cette association s’étaient cependant plaints devant la presse du non-respect de cet engagement au mois de mai. Ils avaient indiqué à l’époque être en attente de l’effectivité de cet accord, surtout que la plupart d’entre eux peineraient même à avoir de l’argent pour acheter du carburant et qu’ils travailleraient ainsi à perte pour la Jirama, ont-ils soulevé.
Le ministre Solo Andriamanampisoa avait indiqué avoir discuté de ce sujet avec la Jirama au mois de juin. L’équipe dirigeante de la compagnie nationale aurait déjà fait des efforts pour régler ce qu’ils doivent aux transporteurs d’hydrocarbures. La situation n’avait pour autant pas été débloquée. Selon l’APTH, ses entreprises membres se trouvent en ce mois d’août « en quasi situation de cessation de paiement ». Les prestations impayées se seraient même gonflées à 13,935 milliards d’ariary. Le ministre en charge de l’Energie est appelé à trouver une solution dans les prochains jours pour éviter la paralysie des livraisons avancée par les transporteurs de carburant.
La Jirama était déjà confrontée à une perturbation de la livraison de son fuel au mois de juin, à cause de l’insuffisance des camions citernes en service pour les transporter. Une situation qui avait amplifié à l’époque la durée et la fréquence du délestage d’électricité, notamment avec le manque de puissance fournie par les centrales thermiques.
Le recours au carburant devrait par ailleurs augmenter en cette période d’étiage à cause du faible niveau des eaux pour faire tourner les centrales hydroélectriques. Une situation que le ministre Solo Andriamanampisoa avait exposé lors de sa descente auprès du complexe hydroélectrique d’Andekaleka. Une opération pluies provoquées avait été réalisée récemment en vue d’augmenter les niveaux des eaux des barrages hydroélectriques non seulement d’Andekaleka mais également de Tsiazompaniry et de Mantasoa et d’Andekaleka. Ceci afin d’augmenter la production d’électricité et de maîtriser les coupures d’électricité, notamment sur le réseau interconnecté d’Antananarivo, d’après la Jirama.