PROJETS VOLOBE ET SAHOFIKA – L’Union européenne annonce un don de 20 millions d’euros

Antananarivo, 27 Février, 6h15 – L’Union européenne (UE) met la main à la poche. Elle prévoit de contribuer à hauteur de 20 millions d’euros au financement de l’entrée de l’Etat dans les capitaux de la Compagnie générale d’hydroélectricité de Volobe (CGHV) et du consortium Nouvelle énergie hydroélectrique de l’Onive (Neho). Il s’agit d’une contribution sous forme de dons, dont 7 millions d’euros pour la prise de participation de l’Etat auprès du promoteur du projet hydroélectrique de Volobe et 13 millions d’euros pour l’actionnariat de Sahofika. C’est ce que l’ambassadrice de l’UE, Isabelle Delattre Burger, a indiqué à la presse lundi.

 

Le directeur de la CGHV, Rémy Huber, avait expliqué vers la moitié de ce mois de février que la compagnie qu’il dirige s’était mis d’accord avec l’Etat pour l’aider à chercher le financement de cette prise de participation auprès des bailleurs de fonds. Le financement à trouver se situe entre 20 à 25 millions d’euros et devra être sous forme de dons, a-t-il confié, en indiquant que l’Etat peut être actionnaire de la CGHV jusqu’à hauteur de 20% au moment de la clôture financière du projet.

 

Pour ce qui est du projet Sahofika, un accord avait déjà été conclu entre la République de Madagascar et le Fonds africain de développement en 2020, portant sur un financement s’élevant à 3,125 millions d’UC soit environ 4 millions d’euros. Dans cet accord, il était proposé de financer la participation de l’Etat au capital de Neho par cette allocation du FAD mais également par l’intermédiaire d’autres partenaires de développement comme la Banque européenne d’investissement (BEI) et la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (Badea). L’Etat est censé apporter 30 millions d’euros qui équivalent entre 10 et 15% de participation au capital de cette société selon la BAD bien que la Présidence ait indiqué au mois de novembre 2021 que la prise de participation stratégique était consentie à 20%.

 

La CGHV comme Neho auront par ailleurs encore à finaliser le tour de table des bailleurs de ces projets hydroélectriques. Celui-ci permettra entre autres de connaitre les partenaires, les financiers et les besoins de financements encore à trouver. Pour l’ambassadrice Isabelle Delattre Burger, il y aura nécessairement un besoin de prêts souverains et un besoin de prêts privés. Cette diplomate se veut alors rassurante. « Dès que les négociations entreprises par les consortiums seront finalisées, la BEI se positionnera en termes de prêts », confie-t-elle, en soulignant toutefois que le montant de ce financement de la BEI n’est pas encore précisé.

 

L’UE réitère son implication dans ces projets hydroéléctriques. « Nous espérons pouvoir nous engager avec le gouvernement et la CGHV pour aller de l’avant. Ce, afin de construire le barrage de Volobe et d’augmenter considérablement la fourniture d’électricité pour la population », lance l’ambassadrice Isabelle Delattre Burger. « Nous sommes également tout à fait prêts à accompagner la construction du barrage de Sahofika » ajoute-t-elle.

 

Même si ces projets prendront du temps à se concrétiser, cette diplomate de l’UE insiste pour qu’ils soient lancés. « Ces projets sont des facteurs de développement humain ainsi que de développement économique. Il est urgent de les mettre en chantier », suggère-t-elle.

 

La durée de concession du Consortium Neho qui est le promoteur du projet Sahofika, d’une capacité de 192 mégawatts, est de 25 ans à compter de la date de mise en service commerciale de sa centrale. C’est également la durée de concession de la CGHV qui est le promoteur du projet Volobe d’une capacité de 120 MW.

 

Par ailleurs, ces deux projets hydroélectriques seront accompagnés de construction de ligne de transmission électrique. Isabelle Delattre rappelle qu’elle était déjà venue à Madagascar en 2019 pour annoncer la mise à disposition d’une enveloppe de 26 millions d’euros pour ce projet. L’UE espère signer l’accord de financement correspondant avec la BAD d’ici quelques mois ; pour que ces 26 millions soient vraiment engagés dans le démarrage des travaux sur cette ligne qui va relier le Réseau interconnecté de Toamasina (RIT) au Réseau interconnecté d’Antananarivo (RIA).