Entre le changement du billet de 20 000 ariary en une coupure de 200 unités ou des coupures à valeur faciale élevée de 50 000 ariary, voire 100 000 ariary, plusieurs options de réforme fiduciaire sont sur la table. Trois scénarios techniques se sont déjà dégagés des consultations et le public a commencé à émettre des réactions à l’idée d’un basculement vers une nouvelle unité monétaire. Deux options ont émergé des premiers échanges et paraissent déjà privilégiées par Banky foiben’i Madagasikara (BFM). Il s’agit notamment du changement de dénomination par suppression de deux “zéros” et l’introduction de coupures à valeur faciale élevée.
La BFM s’inscrit actuellement dans une démarche d’écoute et de recueil d’avis. Comme déjà indiqué par le gouverneur de la Banque centrale Aivo Andrianaeivelo, l’objectif de cette consultation n’est en aucun cas l’annonce d’une mesure arrêtée, mais bien l’analyse de la perception citoyenne face aux différents scénarios de réforme fiduciaire. L’édition inaugurale de la Collecte d’idées, à Ankatso, lundi, constitue une plateforme de consultation scientifique visant à recueillir l’expertise des milieux académiques et économiques sur l’évolution du système fiduciaire malgache.
La première option présentée par Aivo Andrianarivelo, lors de cette rencontre était “la division par 20”. Mais les avis convergent vers une critique de cette option. Ce ratio est jugé peu ergonomique, car la conversion d’un billet de 20 000 ariary actuel en une unité de 1 000 rendrait les opérations de calcul mental particulièrement complexes pour l’usager, explique-t-il.
La seconde option et qui paraît déjà privilégiée par une partie des consultants pour sa simplicité arithmétique c’est le changement de dénomination par suppression de deux zéros. Dans son mécanisme, le billet de 20 000 ariary actuel deviendrait une coupure de 200 unités. Pour répondre aux besoins de transactions à haute valeur, la gamme pourrait être complétée par des coupures de 500 et 1 000 unités, l’équivalant respectivement à 50 000 et 100 000 Ariary actuels. Ce système faciliterait même la conversion croisée avec le Franc malgache.
Une troisième proposition consiste à maintenir le système actuel tout en émettant simplement des billets de 50 000 ou 100 000 ariary. Mais bien que cette solution soit d’une apparente simplicité, elle est perçue comme un manque de vision structurelle. Aivo Andrianarivelo parle de « solution de facilité ». Le gouverneur de la Banky Foiben’i Madagasikara estime qu’elle risque d’induire une accoutumance à l’inflation nominale et de nécessiter, à terme, l’ajout systématique de nouveaux zéros.
BFM réaffirme en tout cas sa capacité technique à mettre en œuvre l’une ou l’autre des deux options privilégiées, selon l’orientation politique choisie. Mais bien que la compétence finale en matière d’avis technique et de décision souveraine relève exclusivement de la Banky Foiben’i Madagasikara et de l’État, aucune mesure n’a été arrêtée à ce jour. Les échanges actuels ne constituent que la première étape d’un cycle de consultations qui va se poursuivre auprès d’autres segments de la société.
