Une volonté affichée et assumée. Une vingtaine de parlementaires ont assisté, mercredi, à un atelier d’échanges et de réflexions autour du projet de réformes législatives pour la protection de la liberté d’expression à Madagascar. “Cela témoigne d’une volonté de développer et de promouvoir le monde de la communication et le monde du journalisme dans son ensemble”, souligne le ministre de la Communication et de la culture, Ogascar Fenosoa Mandrindrarivony, présent à la clôture de l’atelier.
Mais il s’agit aussi d’un “signal fort de la volonté d’aligner (les textes) aux standards internationaux et de répondre aux préoccupations locales”. “Il y a une part de responsabilité pour tout le monde et les parlementaires sont également impliqués”, reconnaît d’ailleurs Raby Harimanga Savatsarah, présidente de la commission juridique à l’Assemblée nationale. “ Chacun doit assurer sa part de travail dans les réformes”, poursuit-elle.
Consultations régionales.
Lancé en décembre, le projet couvre plusieurs axes, notamment la révision des textes législatifs encadrant la liberté d’expression, les questions liées à l’Ordre des Journalistes de Madagascar (OJM) et à l’Autorité nationale de régulation de la communication médiatisée (ANRCM), ainsi que les enjeux posés par l’essor des nouveaux médias. Les discussions se sont alors appuyées sur une analyse juridique du cadre existant présentée par Joan Barata, expert de l’Unesco sur la liberté d’expression, et par l’avocat Maître Eric Rafidison, afin d’identifier les pistes d’alignement avec les standards internationaux.
Avant l’atelier avec les parlementaires, des consultations régionales sur les réformes à effectuer ont été réalisées dans les principales villes du pays. Ces rencontres, menées par un Comité ad hoc, ont rassemblé environ 180 participants, incluant journalistes, jeunes, membres de la société civile et acteurs du numérique. Une première restitution des travaux de consultations a eu lieu mardi, mais les travaux de réflexion se poursuivent avant d’engager les travaux légistiques nécessaires pour aboutir aux réformes.
Initié par ministère de la Communication et de la culture, le projet est mis en œuvre par un comité ad hoc avec l’appui de partenaires techniques et financiers, dont l’UNESCO, le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et le Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCDH), dans le cadre du programme Rary Aro Mada 2 financé par le Fonds pour la consolidation de la paix.