Antananarivo, 3 Mai, 15h38 – En baisse. La note de Madagascar en matière de liberté de la presse continue de baisser. De 58,02 sur 100 en 2022, elle est descendue à 56,66 cette année. Avec cette note, le classement de la Grande île recule. Elle passe de la 98ème place à la 101ème place du classement annuel de Reporters sans frontières. Elle se trouve parmi les pays à situation problématique dont les points sont compris entre 55 et 70. Elle s’approche de plus en plus des pays considérés comme à situation difficile.
Les notes de Madagascar sont en baisse sur presque tous les indicateurs. La plus mauvaise note, 36,71 sur 100, est obtenue sur les critères economiques même si celle-ci est en hausse par rapport à celle de l’année dernière, 35,08 sur 100. Le classement sur cet indicateur a néanmoins reculé, passant de la 126ème place à la 139ème. RSF évoque, entre autres, « la précarité de la presse malgache qui a des conséquences désastreuses sur la qualité de l’information et l’indépendance des médias ». L’organisation évoque également un « niveau de concentration des médias qui crée des positions dominantes », ainsi que les salaires très faibles des journalistes, les rendant vulnérables à la corruption et à la pratique du “felaka”, ou encore les obligeant à « cumuler des petits boulots », et les amenant à se retrouver « en situation de conflit d’intérêt en travaillant en parallèle auprès de responsables politiques »
La note sur les critères sécuritaires est également en hausse, passant de 73,47 sur 100 en 2023, à 78,39 sur 100 en 2023, tout comme le classement qui passe de la 69ème à la 75ème place. RSF note dans son rapport que « les attaques physiques demeurent très rares » à Madagascar, mais des journalistes sont souvent « publiquement pris à partie par des responsables politiques ou sont victimes de campagnes de dénigrement sur les réseaux sociaux ».
Sur l’indicateur politique où la note est en dessous de la moyenne, 49,03 sur 100 contre 52,58 sur 100 en 2022, RSF soulève le « contrôle des médias publics par l’Etat qui a le pouvoir de nommer ou démettre leurs principaux responsables », ou encore la « mainmise des hommes politiques sur les médias, ce qui plombe le pluralisme et la liberté des journalistes ».
