Antananarivo, 30 Décembre, 08h02 – 2023 n’a pas été un long fleuve tranquille pour le secteur privé. Dès le début de cette année, plusieurs entreprises avaient déjà anticipé plusieurs contraintes au développement de leurs activités. Incertitude de la conjoncture économique, délestage, ou encore incertitude du contexte socio-politique sont autant de blocages qui ont marqué cet exercice sur le point de se terminer.
Durant le premier trimestre, les conjonctures ont été marquées par le recul des activités des entreprises, notamment de celles enquêtées par la Banky foiben’i Madagasikara (BFM) dans le cadre de son Enquête de conjoncture économique (ECE). Il en était ainsi du volume de leurs ventes, de leurs carnets de commande, de l’investissement et de l’emploi. Ce qui avait eu pour conséquence la baisse de leur bénéfice, rapporte la BFM dans ses résultats d’enquête.
Durant les trois premiers mois de cette année, les entreprises avaient avancé l’« incertitude de la conjoncture économique », suivie de la « fiscalité » et du « délestage » comme principales contraintes au développement de leurs activités. Néanmoins la grande partie de ces entreprises enquêtées par la BFM avaient prévu une relance de leurs activités au cours du deuxième trimestre.
La relance qu’elles avaient espérée a eu lieu au second trimestre, avec des hausses significatives enregistrées sur les ventes et les carnets de commandes. L’amélioration avait cependant concerné en particulier les grandes entreprises du secteur secondaire, montrant de ce fait une reprise « segmentée » et à consolider. Pour ce qui est de l’investissement, il est resté stable pendant cette période, avec des bénéfices en légère hausse pour les entreprises.
A l’image de la situation du premier trimestre de 2023, l’« incertitude de la conjoncture économique » avait continué d’être le premier obstacle au développement des activités des entreprises au second trimestre. L’ « incertitude du contexte sociopolitique » a été la deuxième contrainte, suivie du « délestage » et la « fiscalité ». Une intensification des activités des secteurs secondaire et tertiaire avait toutefois été attendue au troisième trimestre 2023 en particulier pour les grandes entreprises.
Contrairement à l’accélération attendue lors de l’ECE du second trimestre, les dirigeants d’entreprises avaient rapporté une baisse des activités du secteur réel formel pendant le troisième trimestre de 2023. Ils ont confié à la BFM que les ventes et les carnets de commande avaient régressé, l’emploi a été quasiment stable. L’investissement a, en revanche, progressé.
Au troisième trimestre de 2023, 72,1% des entreprises enquêtées par la Banque centrale avaient indiqué que les deux premiers obstacles au développement des entreprises ont été l’« incertitude de la conjoncture économique » et le « délestage ». L’ « incertitude du contexte socio-politique » est le troisième facteur limitant. Pour ce qui est de la « fiscalité » et des « problèmes liés aux réseaux de transports », ces facteurs ont été cités respectivement par 64,3 % et 42,5 % des entreprises enquêtées.
Pour ce qui est des perspectives pour le quatrième trimestre de 2023, les chefs d’entreprise avaient prévu un redressement de la situation. Les ventes, les carnets de commande, les investissements et l’emploi devraient tous être en hausse. Il en sera de même pour les bénéfices. La hausse de la demande pour les fêtes de fin d’année explique en grande partie cette prévision, rapporte la BFM.
