SECHERESSE DANS LE SUD – Des produits et des légumes frais à bas prix sur les marchés d’Ambovombe grâce aux petites pluies du premier trimestre de 2021
Antananarivo, 17 Août, 7h30 – Des tomates. Des oignons. Des brèdes. Des poivrons. Quelques tas de carottes et de pommes de terres. Mais aussi des patates douces. Beaucoup de patates douces. Les marchés sont inondés de produits frais à Ambovombe. « Il y a eu quelques pluies vers fin Janvier et en Février, ce qui a permis aux habitants d’avoir des récoltes », confie Soja Lahimaro, gouverneur de l’Androy au cours d’une rencontre avec la presse.
Le gouverneur reste cependant prudent et ajoute très vite que « l’Androy n’est pas encore kere free ». A l’entendre, ce qu’il y a sur le marché ne constitue que ce qui a pu pousser avec les pluies qui sont tombées au milieu du premier trimestre de l’année. Car « avec l’invasion acridienne et la présence de chenilles légionnaires dans la région, beaucoup de récoltes ont été perdues », confie-t-il.
Puis, « certaines localités d’Androy n’ont pas eu autant de pluies que cela », poursuit-il encore. « Ambovombe s’en sort peut-être un peu aujourd’hui, mais Bekily qui est un peu la capitale économique de la région connaît des problèmes qu’il faut regarder de près et la situation reste compliquée à Beloha et à Tsiombe », glisse-t-il.
Aujourd’hui, les tomates et les patates douces provenant de quelques champs des campagnes du chef-lieu de l’Androy peuvent être mises sur le marché et s’achètent à très bas prix. Les livreurs venant d’Amboasary ont également des produits frais, comme les brèdes et les poivrons, à livrer jusqu’à Ambovombe, tout comme ceux de Bekily peuvent faire venir leurs oignons.
Mais « cela ne durera pas », anticipent déjà les marchandes de légumes à Ambovombe. « Parce que les pluies restent rares et dès qu’il ne pleut pas, il n’y a rien à vendre », expliquent Mme Julienne et sa fille. Elles racontent vendre le tas de dix pièces de tomates à 200 ariary aujourd’hui, mais « cette petite tomate-là, vous l’achèterez à 500 ariary dans quelques mois », préviennent-elles.
En raison de la faiblesse des précipitations ces dernières années, le Grand Sud de Madagascar souffre d’une importante sécheresse, « la pire que la zone a connu en 40 ans » selon le Programme alimentaire mondial. Plus d’un million de personnes sont en situation d’insécurité alimentaire sévère et 14.000 d’entre eux sont même en situation de crise. Les prévisions de 2021-2022 ne sont pas optimistes compte tenu de la rareté des pluies et d’autres facteurs qui ont détruit de nombreuses récoltes.