La Banky foiben’i Madagasikara (BFM) indique avoir officiellement soumis une note de réflexion au Bureau du Premier ministre, portant sur l’opportunité d’envisager, à long terme, la création d’une banque mutuelle d’État. Ce projet n’en est qu’au stade de concept théorique pour le moment. Mais concernant l’architecture potentielle d’un tel système, le Gouverneur de la BFM, Aivo Andrianarivelo, avait avancé, à titre d’exemple et de piste de réflexion, le modèle opérationnel de certaines institutions financières internationales. C’est un projet qu’il avait présenté aux parlementaires, en marge de la séance plénière d’adoption de la loi sur les sûretés de vendredi, à l’Assemblée nationale de Tsimbazaza.
Le Gouverneur de la BFM faisait référence aux institutions internationales, qui disposent de leurs propres structures bancaires internes, à l’instar du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale. Ces institutions de Bretton Woods avaient mis en place la Bank-Fund Staff Federal Credit Union (BFSFCU). Cette entité fonctionne en circuit fermé, puisque ce sont les dépôts des employés qui financent directement les crédits des autres membres.
La UNFCU (United Nations Federal Credit Union), est le modèle équivalent pour l’Organisation des Nations unies. Elle est conçue pour l’écosystème des fonctionnaires internationaux. Elle propose entre autres des services multidevises, des cartes bancaires mondiales, aucun frais de tenue de compte abusif, et des solutions d’épargne ou de crédit adaptées à la mobilité de ses membres.
Dans l’esprit de la proposition faite au Premier ministre par la Banque centrale, l’idée est de dupliquer cette logique à l’échelle nationale. Au lieu du personnel de l’ONU ou du FMI, cette nouvelle banque mutuelle s’appuierait sur la masse critique des agents de l’État malgache et des organismes rattachés. Et la pertinence économique de ce projet repose sur un vivier de clientèle captive, d’après le Gouverneur, Aivo Andrianarivelo.
Il soutient que les organismes rattachés et les institutions publiques, tels que la Caisse nationale de prévoyage sociale (Cnaps), ou encore la Banque centrale, pourraient disposer d’une base d’utilisateurs suffisante pour viabiliser une telle structure mutuelle étatique. L’objectif principal serait d’améliorer le pouvoir d’achat et les conditions de vie des agents de la fonction publique, lance-t-il.
Il convient toutefois de tirer les leçons du passé, insiste Aivo Andrianarivelo. Des institutions telles que la BNI, la BFV et la BOA étaient initialement des banques publiques dont la faillite ou les difficultés structurelles ont été causées par des défaillances de gestion étatique, rappelle-t-il. Il fait d’ailleurs remarquer qu’historiquement, la vulnérabilité des entreprises publiques découle directement des interférences et des carences de gouvernance de l’État.
Il s’agit pour l’heure d’une orientation stratégique soumise à réflexion, le gouvernement poursuivant l’évaluation de sa faisabilité. C’est en sa qualité de conseiller financier de l’État que la Banque centrale a avancé cette initiative.
