Sombre perspective pour la filière nickel-cobalt avec des prix à l’exportation qui continuent de chuter

Antananarivo, 8 Août, 6h15 – Une filière en difficulté. Les prix à l’exportation du nickel et du cobalt devraient continuer à chuter, selon les prévisions de la Banky foiben’i Madagasikara (BFM). La surproduction mondiale de ces matières et le recours à des alternatives moins coûteuses dans la fabrication de batterie pour les voitures électriques, sont des causes avancées par la BFM qui continuent à exacerber la situation.

L’Indonésie avait enregistré une surproduction de nickel en 2023. Et ce surplus d’offre et la saturation de la demande pour les véhicules électriques ont conduit à une baisse temporaire des prix du nickel en 2023.

La BFM a déjà rapporté dans sa note de conjoncture économique un fléchissement de 56,5% des exportations de nickel pour Madagascar. Un résultat qui est dû notamment à une baisse de 36% du volume exporté et de 33,1% du prix moyen. Les recettes générées par le cobalt ont également régressé de 28,6 %. Son prix moyen et le volume avaient diminué respectivement de 20,1 % et 10,7 %, selon ce rapport de la Banque centrale, publié mardi.

Sumitomo Corporation, l’actionnaire majoritaire d’Ambatovy, qui avait initialement prévu une production de 40 000 tonnes de nickel, a déjà révisé ses estimations à 30 000 tonnes pour cette année. Cette compagnie s’efforce de stabiliser les niveaux de production et d’améliorer la rentabilité de ce projet minier.

L’Etat espère compenser la baisse de production de nickel et de cobalt annoncée par Ambatovy, avec les performances que devra enregistrer la filière graphite. Il est notamment avancé dans la loi des Finances rectificatives (LFR) 2024 que la décision de la Chine de limiter ses exportations de graphite en fin 2023 peut contribuer à la hausse de la production du graphite de Madagascar.