L’ariary avait affiché une nette progression, en s’appréciant de 10,7% face à l’euro au cours du premier trimestre de 2026. D’après les derniers chiffres de la direction des Opérations monétaires de Banky foiben’i Madagasikara (BFM), la monnaie unique européenne était passée de 5 309,31 MGA en début d’année à 4 726,29 MGA fin mars.
La tendance est similaire, vis-à-vis du billet vert, avec un gain de 8,9 %. Le cours du dollar ayant reculé de 4 579,78 MGA à 4 166,36 MGA. Le marché des changes malgache clôture ainsi le premier trimestre 2026 sur une note de fermeté marquée pour la monnaie nationale
La BFM explique en partie ce resserrement des parités par la vigueur du dollar face à l’euro sur le marché international. Le taux de change EUR/USD avait glissé de 1,17 à 1,15 durant la période sous revue. Au niveau local, cette solidité de l’ariary est portée par l’afflux de devises issues des recettes d’exportation du trimestre précédent, ainsi que par les décaissements liés aux grands projets de développement à Madagascar.
Mais techniquement, cette performance s’est également jouée dans un contexte international volatile, fortement influencé par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient qui pèsent sur la parité Euro/Dollar. Localement, la Banque Centrale était restée active sur le Marché interbancaire des devises (MID). L’autorité monétaire avait multiplié les interventions d’achat et de vente, notamment en mars, afin de lisser les fluctuations et maintenir cette dynamique de renforcement de l’ariary.
La présidence de la refondation de la République avait récemment salué la consolidation de l’ariary face aux principales devises de réserve. Tout en exprimant sa satisfaction, elle avait encouragé la BFM à poursuivre ses interventions pour pérenniser ces acquis et prémunir l’économie nationale contre l’instabilité des marchés mondiaux. Le Gouverneur de la Banque Centrale, Aivo Andrianarivelo, avait alors expliqué de son côté que cette performance résulte de la dynamique propre au MID. Il a d’ailleurs précisé que la BFM ne se fixe aucun objectif de change prédéfini, en indiquant que l’évolution de la parité reste strictement dictée par les mécanismes du marché.
