TEXTILE – Madagascar projette de relancer la filière coton dans son plan de relance économique 

Transformer l’or blanc en moteur de croissance. Après des décennies de déclin, Madagascar prévoit de relancer sa filière coton pour promouvoir la chaîne de valeur textile. Il s’agit d’une mesure qui devrait permettre l’augmentation de la production locale de cette matière première, afin de rendre possible la création d’unités textiles lourdes mais aussi pour créer une plus grande valeur ajoutée dans les produits exportés. Cette disposition a été présentée lors des Assises pour la relance économique de Madagascar, mardi.

 

C’est le ministère de l’Agriculture et de l’élevage qui est en charge de la mise en œuvre de cette mesure, en misant sur une intégration verticale. Il s’agit de reconnecter les producteurs locaux de cotons aux industriels nationaux pour contribuer à l’autonomie en matière première de la filière textile.

 

Pour concrétiser cette ambition, le plan de relance avance trois leviers opérationnels immédiats. Il y a d’abord la distribution de semences performantes aux planteurs pour améliorer leur rendement. Vient ensuite le renforcement de leur encadrement technique pour moderniser leurs pratiques culturales au plus près du terrain. Et enfin, la stratégie tient compte du volet financier, qui s’assure de faciliter l’accès aux financements pour les planteurs de coton pour permettre l’extension des surfaces cultivées.

 

Madagascar mise ainsi sur une industrialisation textile à forte valeur ajoutée. Avec la création sur place d’unités textiles lourdes, ce projet de relance cherche non seulement à transformer localement le coton mais il entend aussi maximiser les recettes d’exportation. Et ce, tout en stabilisant les revenus des communautés rurales dans les zones productrices.

 

C’est un levier stratégique pour l’économie qui peut s’activer, si ce n’est qu’avec l’intégration de la filière coton dans le cadre de la Loi sur la croissance et les opportunités en Afrique (Agoa). En relançant la production locale de fibre, pourrait en effet satisfaire aux règles d’origine strictes imposées par les États-Unis.

 

Ce principal client de Madagascar exige souvent que les vêtements soient fabriqués à partir de fils et de tissus produits régionalement pour bénéficier d’une exonération totale de droits de douane. La relance de la filière coton contribuera d’ailleurs à réduire la dépendance aux importations de tissus étrangers de la Grande île et renforcer de ce fait sa balance commerciale.

 

Madagascar a vu sa production de coton régresser de manière structurelle depuis des décennies. Cette dégradation s’est manifestée par la réduction de volume de production, la baisse de rentabilité pour les producteurs ou encore les défaillances de paiement des opérateurs industriels. Cette fragilisation a entraîné un mouvement de désengagement des exploitants, entraînant une reconversion agricole vers des cultures vivrières comme le manioc et la patate douce.