Antananarivo, 17 Décembre, 6h00 – Rio Tinto QMM devrait reprendre ses opérations à Tolagnaro dans les prochains jours après plus de deux semaines d’arrêt de ses activités. Les discussions menées entre la compagnie minière, les représentants des autorités étatiques et les manifestants qui ont barré la route vers le site de Mandena ont porté leurs fruits. Les négociations ont abouti à la signature d’un accord entre les différentes parties permettant une reprise prochaine des activités de la société minière. « La compagnie travaille actuellement pour une reprise normale des activités dans les meilleurs délais » a indiqué Jessica Ranohefy, porte-parole de Rio Tinto QMM.
Vendredi les barrages ont finalement pu être levés après que l’accord entre les différentes parties a été signé. La délégation étatique menée par le ministre en charge des Mines, Olivier Rakotomalala, et celui en charge de la Pêche et de l’économie bleue, Paubert Mahatante, accompagnés des autorités locales, ont procédé eux mêmes au retrait des barrages avec la population. « Nous sommes heureux d’être ici aujourd’hui pour mettre fin à cette crise », s’exalte Paubert Mahatante devant la foule. « L’accord est capital car elle permet à la ville de retrouver son calme et permet à QMM et les occupants traditionnels des terrains de cohabiter en paix », lance pour sa part Jocelyn Raharimbola, gouverneur de la région Anosy.
Depuis plusieurs semaines, les activités de la compagnie minière ont été perturbées par les barrages érigés par des manifestants réclamant un statut d’occupants traditionnels sur les terrains exploités par QMM et pour lesquels celle-ci verse déjà des redevances et loyers auprès de l’Etat. Les manifestations ont conduit Rio Tinto QMM à suspendre ses activités d’exploitation, puis à déclarer la force majeure après 14 jours de blocage, et à ne pas produire l’électricité pendant huit heures par jour de midi à 20h depuis mercredi.
Consécutivement à cette crise, QMM s’est retrouvée, pour la première fois, dans l’incapacité d’honorer ses commandes auprès de ses clients. La société évoque deux bateaux d’ilménite qui n’ont pas pu partir, ainsi que des pertes estimées à environ 4 millions de dollars pour la première semaine d’arrêt d’activités. Mais au-delà des pertes financières, Jessica Ranohefy, porte-parole de la compagnie, s’est surtout inquiétée de la perte de confiance des clients envers Rio Tinto QMM et envers Madagascar.