Antananarivo, 11 Juin, 12h55 – Toliara et Fianarantsoa, qui avaient le niveau de privation le plus élevé en 2008, restent les districts les plus mal lotis de Madagascar. Elles affichent toujours, par exemple, les taux de mortalité infantile les plus élevés du pays et n’ont connu que des améliorations marginales au cours de la dernière décennie. C’est ce que rapporte la Banque mondiale, en matière de pauvreté non monétaire, dans le document sur son Cadre de partenariat pays (CPF) 2023-2027 avec Madagascar. L’institution de Bretton Woods souligne particulièrement le cas de la région méridionale de l’Atsimo Andrefana où la fréquentation scolaire a également considérablement diminué.
L’approche non monétaire aborde la pauvreté en termes de capacité à satisfaire certains besoins fondamentaux comme se soigner, se loger ou encore se nourrir. D’après les estimations de la Banque mondiale, le taux de privation totale au niveau national a diminué de neuf points entre 2008 et 2018, atteignant 67%.
L’amélioration des indicateurs de pauvreté non monétaire est restée modeste et a été largement concentrée dans les régions plus riches du nord. Cette situation reflète en partie les avantages des programmes de développement dans ces régions, mais aussi l’impact des produits agro-industriels de grande valeur tels que la vanille, le litchi, les épices et le cacao explique cette institution financière.
La Banque mondiale note une amélioration de certains indicateurs de pauvreté non monétaire à Madagascar avant la pandémie. D’après son rapport, des améliorations notables ont été enregistrées en matière d’accès à l’électricité, au logement, à l’assainissement et au combustible de cuisson. Ces améliorations étaient limitées en matière de mortalité infantile et d’accès à l’eau. La fréquentation scolaire, pour sa part, a stagné à des niveaux peu élevés.
Cependant, les indicateurs de pauvreté non monétaire se sont détériorés dans les zones urbaines et ont pratiquement stagné dans les régions les plus pauvres du sud. Les taux de privation dans les zones urbaines se sont surtout détériorés de 2008 à 2018 dans un contexte d’urbanisation rapide, expose la Banque mondiale.
Avec un taux de 4,7% par an, Madagascar s’urbanise à l’un des rythmes les plus rapides d’Afrique subsaharienne, et l’urbanisation se concentre de plus en plus à Antananarivo. « Ceci met à rude épreuve les infrastructures et les services publics, comme en témoigne la détérioration de l’accès à l’eau, à l’électricité, à l’assainissement et au logement », conclut cette institution financière.
