TRAFIC – Le commerce illégal d’espèces sauvages à Madagascar échappe aux enquêtes financières

Antananarivo, 14 Août, 7h30 – Cinq à 20 millions de dollars par an. C’est le montant des flux financiers illégaux générés par le commerce illégal de la faune dans le monde selon des études réalisées par l’organisation environnementale Traffic. Et la faune de Madagascar est parmi les plus prisées dans ce commerce. Or, malgré l’ampleur de ce phénomène, les enquêtes financières restent rares. Ce qui limite les efforts pour freiner ces activités criminelles.

Le deuxième forum national sur la lutte contre la corruption et le trafic d’espèces sauvages organisé depuis mardi a notamment soulevé qu’aucune enquête systématique n’a été menée pour suivre les flux financiers liés à ce trafic d’espèces sauvages dans la Grande ile. Ce manque criant permet aux réseaux criminels de prospérer. Le Service de renseignements financiers, Samifin, notamment, regrette que seuls dix cas de ce type de commerce lui ont été signalés et qu’aucune déclaration d’opérations suspectes n’a même été effectuée l’année dernière.

C’est ainsi que l’urgence d’une action coordonnée pour lutter contre le commerce illicite des espèces sauvages et les flux financiers illégaux qui en découlent a été mise en avant mardi. Un besoin urgent de sensibilisation et de formation sur les dénonciations a également été soulevé.

Le cas récent du trafic de 48 lémuriens et de près de 1 000 tortues radiées, exportées illégalement vers la Thaïlande en mai dernier, a été particulièrement évoqué. Bien que cet incident ait été un coup dur pour la réputation de Madagascar, les autorités y voient une opportunité de renforcer les contrôles et d’améliorer la coordination internationale dans la lutte contre ces crimes.

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