TRANSACTION FINANCIÈRE – Tout savoir sur l’eAriary, la monnaie numérique officielle en projet de la Banky Foiben’i Madagasikara
La Banky Foiben’i Madagasikara a lancé la phase d’expérimentation de l’eAriary, la nouvelle forme numérique de la monnaie malgache. Un projet qui vise avant tout à faciliter l’accès aux services financiers pour les populations non bancarisées. Mais il servira également à la modernisation des paiements, pour qu’ils soient rapides, sécurisés, traçables et digitaux. Alors, c’est quoi cette monnaie numérique que la Banque centrale entend émettre ? Explications.
Une version digitale du cash. C’est la manière la plus simple de définir l’eAriary, la monnaie numérique officielle nationale que la Banky Foiben’i Madagasikara entend émettre prochainement. La Banque centrale projette en effet d’émettre une nouvelle version des billets de banque et des pièces de monnaie sous une forme numérique.
Mais déjà, qu’est-ce qui pourrait différencier cette monnaie numérique qu’est l’eAriary des monnaies électroniques déjà émises par les opérateurs locaux ?
« Ce qui les différencie, c’est que lorsqu’on parle d’argent, ce sont surtout les monnaies électroniques qui nous sont familières, comme Orange Money, Airtel Money ou MVola. Ce sont des moyens de paiement, mais ce ne sont pas de l’argent. C’est-à-dire que vous avez un téléphone et un compte ; vous avez de l’argent liquide que vous déposez sur ce compte, et vous utilisez ensuite ce moyen de paiement selon vos besoins. Que ce soit pour payer ou envoyer de l’argent à quelqu’un. En revanche, l’eAriary est une véritable monnaie sous forme digitale ou électronique que nous recevons directement de la Banque centrale de Madagascar. Cela signifie qu’elle a la même valeur et le même statut que toute autre monnaie, que les gens peuvent utiliser pour toutes les dépenses et les besoins de la vie quotidienne. », explique Aivo Andrianarivelo, Gouverneur de la Banky Foiben’i Madagasikara
Aussi, si la monnaie électronique est avant tout une représentation d’un solde que les émetteurs de monnaie électronique mettent dans un compte bancaire bloqué pour leurs clients, l’eAriary, elle, est créée et émise uniquement par la Banque centrale. Puis, elle est distribuée par les acteurs du marché, dont justement les émetteurs de monnaie électronique, les banques ou les institutions de microfinance. Alors, la différence pourrait ne pas être perceptible pour l’usager. Toutefois, des différences importantes sont justement à retenir dans les transactions, dont la première, c’est le tarif.
« Notre principal objectif dans ce projet est de réduire les frais, et non d’ajouter des frais supplémentaires à ceux déjà existants. Par exemple, dans d’autres modes de transfert, vous pouvez payer 2 000 ariary pour envoyer 200 000 ariary. Avec l’eAriary, normalement, ce coût devrait être nettement réduit. », continue d’expliquer le gouverneur.
Le second point, c’est l’expérience utilisateur, car le recours aux QR Codes est par exemple faisable pour les transferts et les paiements marchands. Puis, il y a la programmabilité de l’eAriary, avec des fonctionnalités spécifiques qui peuvent y être ajoutées, comme programmer des paiements à certaines heures ou rajouter des services pour les organisations, pour leur permettre d’effectuer, entre autres, des transferts de masse. Le quatrième point, c’est l’ouverture instantanée. Si, pour un transfert, la personne qui doit recevoir l’argent ne dispose pas de compte eAriary, elle peut instantanément ouvrir un compte pour être en mesure d’accepter tout de suite le transfert.
Et ce, en tapant juste un code ou en ouvrant l’application mobile eAriary. Ce qui n’est pas possible pour le moment avec un compte bancaire ou avec la monnaie électronique.
Alors, comment fait-on pour ouvrir un compte eAriary
Comme la plupart des services financiers digitaux, l’ouverture d’un compte eAriary nécessite un point d’entrée. Celui-ci peut être un numéro de téléphone ou une adresse e-mail. Il y aura également une application mobile qui sera développée pour l’eAriary, tout comme le recours à l’USSD pour les utilisateurs sans connexion Internet.
La possibilité de tester un usage hors ligne, voire même sans dispositifs spécifiques, est à l’étude pour les zones enclavées dans les prochaines étapes du projet.
Pour l’heure, l’eAriary est dans sa phase d’expérimentation.
