TRANSPORTS PUBLICS À ANTANANARIVO : Des usagers des taxi-be se plaignent d’un manque de considération

Non-respect des arrêts indiqués, mauvais traitement des passagers, mauvais entretien des véhicules, mauvais comportement des receveurs et chauffeurs de taxi be. Des usagers des transports en commun ne cessent de tirer la sonnette d’alarme face aux services des transports en commun qu’ils qualifient de mauvaise qualité.

Un combat de longue haleine. Des usagers des transports urbains se plaignent de ne pas être considérés dans leur démarche pour faire respecter leur droit. Mais ils ne comptent pas pour autant baisser les bras. « Jusqu’ici, nos doléances restent lettre morte », déplore Hilda Hasinjo Ravelonahina, responsable de l’association «Fitaterana sahaza », regroupant des usagers des transports urbains qui militent pour des transports en commun de bonne qualité. « Celles-ci avaient été déposées auprès des autorités en octobre 2018. Mais jusqu’à maintenant, nous n’avons pas écho des réponses à nos demandes», poursuit-elle.

Hilda Hasinjo Ravelonahina déplore le manque de considération accordée à la démarche de l’association « Fitaterana sahaza ». « Les autorités nous ont exclus du processus lancé pour régler le problème des transports urbains dans la capitale », regrette-t-elle. « Après la réunion d’octobre avec toutes les parties concernées par le dossier, nous ne savons plus rien du sort de nos doléances », lance-t-elle alors qu’à l’époque, les responsables étatiques avaient promis de l’informer de la suite des événements.

Le général de brigade Jeannot Reribake, directeur général de l’Autorité des transports terrestres (ATT) assure avoir reçu les doléances. « Mais celles-ci ont été transférées au niveau de la Commune urbaine d’Antananarivo (CUA) car c’est elle qui est en charge du dossier pour les transports urbains », explique l’officier général.

Au niveau de la Commune, on affirme également l’attention accordée aux demandes de l’association des usagers. Elle réfute l’affirmation selon laquelle elle fermait la porte à cette dernière. Landy Raveloson, directeur des transports à la Mairie évoque le bouclage du cahier des charges pour les coopératives pour déterminer les obligations des uns et des autres. «Les cahiers de charges sont déjà mis à disposition des coopératives depuis jeudi », soutient-il, pour répondre indirectement aux affirmations de « Fitaterana sahaza ».

Par ailleurs, le ministère des Transports, du tourisme et de la météorologie soutient l’existence d’une structure de surveillance des transports urbains pour faire respecter la loi. « Nous avons une cellule d’intervention routière (CIR) qui s’occupe du suivi sur terrain des taxi-be », précise le Commandant Soamila Soloniaina, officier coordinateur CIR. Il laisse entendre des problèmes rencontrés par ses éléments face à la pression de la part des passagers même des taxi-be. « Beaucoup d’entre-eux reprochent aux forces de l’ordre la perte de temps lors des interventions, alors que nous sommes là pour leurs intérêts », regrette l’officier.

Hilda Hasinjo Ravelonahina ne nie pas l’existence de la nécessité d’éduquer les usagers. « Mais les interventions inopinées laissent songeur. Tout le monde sait où se trouvent les infractions, l’heure de pointe dans des zones précises pour ne parler que des cas à Antanimena, à Analakely, aux 67 Ha ou encore à Ampefiloha. Pourquoi il n’y a pas de contrôle sur ces lieux », rétorque-t-elle. « Pour ce qui est du cahier des charges, on verra. En tout cas, nous étions ignorés dans le processus de son élaboration », martèle-t-elle.