VANF ANTRANONKALA-ONLINE : Anarchie ordinaire à Mahamasina

Il y a quarante ans, autour du stade de Mahamasina, la circulation était à double sens. Un rond-point devant l’École Normale évitait aux automobilistes d’avoir à resquiller, comme c’est actuellement le cas, depuis le «Bazar du Quartier» pour couper au plus court vers Ankadilalana.

Il y a quarante ans, il n’y avait pas toutes ces voitures stationnées en épi, juste de quoi «manger» le tiers de la chaussée. Il y a quarante ans, il n’y avait pas tous ces marchands qui squattent le deuxième tiers de la chaussée. Il y a quarante ans, il n’y avait pas autant d’automobiles qui se disputent aujourd’hui le dernier tiers de la chaussée devenu goulet d’étranglement.

Une heure à se pousser du pare-choc entre Antanimbarinandriana et la boulangerie Gerb’Or de mon enfance, laissant tout loisir, moteur éteint, de songer au magasin désormais clos de Bovan, où l’on trouvait de délicieux fromages rendus introuvables par le socialisme ratsirakien.

Ce 1er octobre, comme tous les jours à cette heure de pointe, quand la transhumance dirige ceux qui vaquent aux heures de bureau dans Antananarivo intra muros vers la banlieue-dortoir du Grand Tana, c’est le triste spectacle de l’anarchie ordinaire à Mahamasina.

Où était le Ministre de la Police de la circulation dont aucun agent n’était visible : sans doute que les subventions européennes ou les surplus américaines ou les dons chinois pour les imperméables ne leur sont jamais parvenus.

Où étaient le Ministre de l’éducation civique, le Ministre du Code de la route, le Ministre des sens interdits, Le Ministre du bon sens ?

Manquait à cette inspection interministérielle de l’anarchie ordinaire d’une Ville abandonnée à elle-même, le Ministre de l’eau, qui n’est pas celui de cette première pluie de printemps : ces premières précipitations ne combleraient certainement pas un étiage qu’il eût pu invoquer pour cette coupure d’eau intempestive, enfin rendu chez soi.