Le double passage piéton devant le Sénat à Anosikely protégé par dix (10) éléments de la Police nationale. Avec la présence sur les lieux d’un adjudant de la Gendarmerie nationale. Deux autres éléments de la Police nationale surveillent que les piétons restent sur les trottoirs lesquels, cependant, sont obstrués par un abribus.
Une première lecture peut s’étonner, à juste titre, que douze policiers et un sous-officier supérieur de la gendarmerie soient mobilisés «pour si peu». Mais, voilà justement la conséquence de dix, vingt, trente, quarante, cinquante ans de laxisme : l’anarchie s’est installée dans les mentalités. Les automobilistes (et les scooters qui ont rejoint les taxibe dans l’incivisme) ont perdu l’habitude (et la courtoisie) de respecter les passages piéton tandis que les piétons ont pris l’habitude de couper au plus court n’importe où. En attendant le relais de l’éducation civique, la force dictera les réflexes élémentaires.
Une autre lecture peut voir dans cette forte mobilisation d’éléments, dépêchés avec l’assentiment du Président de la République, en appui à la politique d’ordre et de discipline du Maire Naina Andriantsitohaina, un mal nécessaire dans un contexte de décentralisation inachevée.
Le sort du «FIV/ANTA/REV» est, depuis soixante ans, un tango hésitant entre déconcentration et décentralisation : un pas en avant pour l’autonomie de la Capitale et deux pas en arrière pour une reprise en main par l’administration centrale. Quand le Maire élu (ou un PDS nommé) ne défie pas le «Fanjakana», il en est le concierge. On n’a jamais remédié, par une législation plus conforme à l’esprit d’autonomie, à cette situation qui écartèle la Capitale entre des «tutelles» trop nombreuses (Finances, Aménagement, Intérieur), parfois rivales, souvent contradictoires.
