VANF ANTRANONKALA-ONLINE : La civilisation est fragile

Le très sérieux Ouest-France publie la photo d’Américains faisant la queue devant une armurerie. Pendant que les uns se ruent dans les supermarchés faire collection de papiers-toilettes, d’autres font provisions de fusils d’assaut et de gros calibres pour mieux subir un siège ou avant sans doute de passer à leur tour à l’assaut.

Nous autres civilisations avions appris que nous sommes mortelles. Nous n’avions pas encore compris à quel point nous sommes fragiles. Le coronavirus est le révélateur de notre négatif : égoïsme des États qui ont rapatrié leurs ressortissants au lieu de les laisser suivre le protocole de confinement avec leurs voisins de Wuhan, égoïsme des voisins de l’Italie qui lui ont fermé leurs frontières Schengen au nez ; égoïsme des commerçants qui jouent sans états d’âme la loi de l’offre et de la demande sur des marchandises qui n’ont subi ni embargo ni fait l’objet de quota de fabrication ou d’importation.

Au tout début de cet épisode coronavirus, on a déjà vu le pas moins sérieux «Le Courrier Picard» oser titrer sur une «Alerte jaune» (dimanche 26 janvier 2020). Aux États-unis, des Blancs et des Noirs s’en prennent aux Asiatiques à cause du coronavirus. Le vernis de l’éducation n’a pas résisté longtemps à l’érosion morale du coronavirus : un Chinois de Brooklyn (de Choisy, de toutes les Chinatowns) reste un Chinois. Les autres le lui rappellent.

Que va-t-il rester des acquis depuis la grippe espagnole de 1918-1919, la dernière pandémie planétaire sans le coefficient de Facebook ? Que va-t-on pouvoir transmettre des valeurs régulièrement défendues en dépit et contre tous les génocides depuis 1945 ? Le siècle de Facebook, l’ère du Néolithique, l’âge de pierre : retour vers le Futur.