A Madagascar, un mouvement grandissant soutenu par Water and Sanitation for Urban Populations (WSUP), les Communes et les communautés contribuent à répondre à cette question. Cette approche d’assainissement circulaire, qui considère les déchets comme une ressource plutôt qu’un problème, change la façon dont les communautés considèrent l’assainissement et les opportunités économiques.
A mesure que l’urbanisation s’accélère, de nombreuses communautés à faible revenus n’ont toujours pas accès à des services d’assainissement fiables, tandis que les systèmes de collecte des déchets peinent à s’adapter au rythme. Habituellement, les déchets issus de l’assainissement devaient être évacués et éliminés, engendrant des coûts environnementaux et financiers importants.
L’assainissement circulaire offre une approche différente. Les déchets organiques peuvent être compostés pour soutenir l’agriculture urbaine, les matériaux recyclables transformés en produits commercialisables, et les eaux usées réutilisées de manière à préserver les ressources en eau. Le résultat est un modèle qui améliore l’assainissement, protège l’environnement et crée des revenus.
Ce changement prend déjà forme au niveau communautaire. Dans plusieurs villes, des structures communautaires d’assainissement, connues localement sous le nom de RF2 (Rafitra Fikojana ny Rano sy ny Fahadiovana), fournissent des services tels que la collecte des déchets, le nettoyage des canaux et la vidange des fosses.
Grâce à l’appui technique et en développement commercial de WSUP et des autorités locales, ces structures communautaires évoluent progressivement de prestataires informels vers de véritables entreprises structurées d’assainissement. Les formations en développement commercial, en marketing et en services d’assainissement les aident à bâtir des activités et opérations plus solides et durables.
Le potentiel économique devient encore plus clair lorsque les déchets commencent à générer de la valeur. Dans les communautés actives, les initiatives de compostage, de recyclage et de tri des déchets créent de nouvelles sources de revenus directement liées aux services d’assainissement. Les déchets organiques sont transformés en compost pour l’agriculture urbaine, tandis que les plastiques sont réutilisés pour fabriquer des produits comme des brosses de nettoyage. D’autres initiatives produisent du charbon écologique et du savon liquide à partir de matériaux récupérés.
Ces activités créent des emplois verts, en particulier pour les femmes et les jeunes, tout en renforçant la viabilité financière des entreprises d’assainissement.
Les établissements scolaires deviennent également des points d’entrée puissants pour l’assainissement circulaire. Dans les écoles primaires publiques d’Antananarivo, des partenariats impliquant WSUP initient les élèves au compostage, au tri des déchets, à la récupération des eaux de pluie et à la réutilisation de l’eau. Les jardins scolaires soutenus par le compostage génèrent des revenus pour entretenir les infrastructures d’assainissement tout en enseignant aux élèves des leçons pratiques sur la gestion de l’environnement.
Les institutions gouvernementales reconnaissent de plus en plus le potentiel de ces approches, avec l’intégration des pratiques d’économie circulaire dans les directives nationales concernant les écoles amies de WASH.
Madagascar, comme de nombreux pays en urbanisation rapide, fait face à des défis complexes en matière d’assainissement qui ne peuvent être résolus uniquement par les infrastructures. Les solutions durables doivent également renforcer les capacités locales, créer des marchés de services viables et autonomiser les communautés.
Les leçons apprises de Madagascar sont claires : avec les bons partenariats, les formations adaptées et un soutien politique approprié, les systèmes d’assainissement peuvent dépasser la simple protection de la santé publique. Ils peuvent aussi jouer un rôle de soutien pour les économies locales.
Ce qui était autrefois perçu comme un déchet peut aujourd’hui créer de la valeur.