Antananarivo, 26 Septembre, 9h32 – 25.250 tonnes. C’est la quantité de thons que les négociateurs malgaches proposent à l’Union Européenne (UE) dans le projet d’accord de pêche en cours de négociation entre les deux parties. Ce volume correspondrait à la moitié des ressources qui migrent vers les eaux malgaches, d’après ce qu’a confié le ministre de la Pêche et de l’économie bleue (MPEB), Paubert Mahatante au cours d’une émission télévisée vendredi soir. Madagascar a proposé plus que ce que les européens prévoient de pêcher, qui était de 13500 tonnes de thons, indique encore le ministre sur la chaîne de télévision privée TV Plus.
Ce « tonnage de référence » figure parmi les points à négocier dans ce nouvel accord de pêche, tout comme la question des redevances correspondantes. Sur ce point, l’Union européenne aurait proposé de verser directement à l’Etat 80 euros par tonne capturée, avec les 50 euros par tonne proposés pour les armateurs européens. Le ministre Paubert Mahatante souligne que Madagascar avait initialement négocié pour obtenir le triple de ces montants avancés.
Durant l’émission, le ministre s’est abstenu de délivrer les chiffres de la dernière surenchère, qui vont d’ailleurs être renégociés durant le septième round de négociation sur cet accord de pêche prévu le 27 septembre. Il a seulement indiqué avoir demandé plus de 100 millions d’euros au depart des négociations. Ce qui était loin de la proposition de l’Union Européenne, surtout que dans le dernier accord arrivé à son terme à la fin de l’année 2018, la subvention de capture qu’avait versée l’UE était de 6 millions d’euros.
Concernant cette compensation financière basée sur les captures réclamée par la partie malgache, l’ambassadrice de l’UE Isabelle Delattre avait parlé « d’ambitions assez élevées » bien qu’elles soient compréhensibles dans toute négociation. Elle a fait toutefois remarquer lors d’une rencontre avec la presse que « les propositions financières pour Madagascar sont alignées sur des propositions que l’Union Européenne peut faire à d’autres ». Elle a d’ailleurs soutenu que Madagascar aurait beaucoup à gagner avec son accord de pêche avec l’Union Européenne, puisque qu’outre le volet financier, la Grande île devrait également bénéficier d’un volet appui au secteur pour une pêche durable.
Le ministre Paubert Mahatante souligne par ailleurs que les thons sont des ressources migratrices et n’appartiennent donc pas seulement à Madagascar. «Ce que va payer l’Union Européenne dans cet accord de pêche est un droit d’accès à cette ressource commune », expose-t-il. Aussi, même en l’absence d’un accord, ces thons pourraient être pêchés ailleurs, entre autres à Maurice, aux Comores ou encore en Afrique du Sud, explique-t-il. Ce ministre évoque alors que « ne pas parvenir à un accord pourrait être une perte pour Madagascar ». Paubert Mahatante espère que le pays beneficiera largement de cet accord que les deux parties prévoient de boucler avant la fin de cette année, selon l’ambassadrice Isabelle Delattre.
Photo : Ministère de la Pêche et de l’économie bleue