Merlin Rasolo Nandrasana sort de son silence. Le haut conseiller constitutionnel glisse quelques confidences autour de sa démission à la Haute Cour constitutionnelle (HCC). Il parle d’une décision prise en considération des “intérêts de tous”, et confie avoir “entamé une démarche de démission depuis trois mois”, affirmant que “l’ambiance n’y est plus”.
Le haut conseiller constitutionnel réfute toute idée de pression ou d’un quelconque accord conduisant à son départ. “Je ne démissionne que pour autant que je le juge nécessaire, et non, jamais, jamais, suite à des pressions”, assure-t-il.
Merlin Rasolo Nandrasana enchaîne qu’il l’a “fait [démission] de mon [son] propre gré”. “Je l’ai démontré à maintes reprises depuis le refus que j’ai opposé à propos de candidature de Andry Rajoelina [ sur la question de la nationalité du candidat lors de la présidentielle de 2023], intérim confié au gouvernement collégial et transfert de l’intérim vers Ravalomanana Richard », rappelle-t-il. “Et il en est de même lors de l’initiative initiée par le président de l’Assemblée nationale [Siteny Randrianasoloniaiko] y a quelques semaines”, poursuit-il.
Florent Rakotoarisoa, président de la HCC, avait confirmé la démission de Merlin Rasolo Nandrasana et de Noëlson William, élus par l’Assemblée nationale pour composer la juridiction constitutionnelle, dans la matinée. Il affirme avoir reçu les lettres de démission le 15 juin de ses futurs ex-collaborateurs, motivées par “des raisons personnelles”. “Il est possible de démissionner selon la loi régissant la HCC”, avance-t-il.
Selon la loi organique relative à la HCC, “un avis de la décision est immédiatement donné au Président de la République qui prend un décret constatant la vacance du siège”. Puis “l’institution ou l’organisme concerné nomme, désigne ou élit, dans un délai de huit jours qui suit le décret constatant la vacance, la personnalité appelée à occuper le siège vacant”.
Le remplacement des deux membres démissionnaires de la HCC devrait intervenir avant la fin de la session parlementaire, si l’on tient compte de la déclaration du président de la Chambre basse. “On ne peut pas laisser ces sièges vacants”, affirme Siteny Randrianasoloniaiko.
Merlin Rasolo Nandrasana et Noëlson William avaient fait l’objet d’une tentative de remplacement par l’Assemblée nationale il y a quelques semaines alors qu’ils n’avaient pas encore démissionné. Ils avaient contesté la démarche, la considérant comme “illégale et impossible”. La ministre de la Justice avait ensuite évoqué l’ouverture d’une enquête contre quatre hauts conseillers qui, selon elle, avaient soutenu une requête illégale déposée par un député. Elle avait également évoqué une suspicion de “complot” impliquant les quatre hauts conseillers constitutionnels dont les deux membres élus par l’Assemblée nationale. La HCC avait répliqué en qualifiant la démarche d’“entorse grave” à son indépendance.













