ADMINISTRATION DU TERRITOIRE – Le ministère de l’Intérieur recense un millier de demandes de nouveaux districts, communes et fokontany

Le chantier de la refonte territoriale suscite un engouement. Lors de son intervention face aux députés à l’Assemblée nationale, vendredi, Hanitra Velonjara Tiaray Rakotonandrasana, ministre de l’Intérieur et de la décentralisation, a révélé qu’un millier de demandes pour la création de nouvelles communes, de nouveaux districts et de nouveaux fokontany sont actuellement sur la table de ce ministère.

Face aux parlementaires, le ministre rappelle que la création d’une nouvelle région, de commune, de district ou d’un fokontany est régie par la loi. Il souligne toutefois que son département “se penche sérieusement sur cette question, car les demandes sont extrêmement nombreuses. Qu’il s’agisse de collectivités, de création de communes ou de régions”.

Cette volonté de morcellement ou de réorganisation émane souvent d’une nécessité de rapprocher l’administration des administrés, mais elle se heurte à des réalités géographiques et budgétaires criantes. Pour illustrer ce déséquilibre, Hanitra Velonjara Tiaray Rakotonandrasana prend l’exemple de la région Atsimo-Andrefana. “C’est une région immense composée de neuf districts. Une décentralisation y est donc nécessaire. Cela exige une véritable réorganisation”, admet-il, tout en soulevant une injustice flagrante dans l’allocation des ressources publiques.

Il soulève que les subventions sont les mêmes pour chaque région, alors que certaines comptent neuf districts, et d’autres n’en a que deux. Cette situation engendre des coûts de fonctionnement disproportionnés et rend l’action publique inefficace dans les zones les plus vastes, bien que le ministre reconnaisse que ces demandes de scission soient “pleinement légitimes pour certains”.

Au-delà du simple découpage des frontières administratives, le cœur du débat reste l’effectivité de la décentralisation, à savoir le transfert réel des pouvoirs et des budgets vers les Collectivités territoriales décentralisées (CTD). Sur ce point, le ministre de l’Intérieur et de la décentralisation évoque la nécessité de la mise en place d’une commission d’évaluation des compétences à transférer aux CTD et des charges correspondantes.

“Il est nécessaire d’avoir une commission spéciale pour étudier ce dossier, afin que le ministère de l’Intérieur ne soit pas le seul à en décider”, martèle le numéro un du ministère de l’Intérieur. Cette ouverture à d’autres entités vise à garantir la transparence et la viabilité économique des futures entités territoriales. “Nous devons impérativement établir des priorités, car si nous essayons de tout traiter en même temps, la réalisation de ce projet risque d’être particulièrement difficile”, conclut-il.