Antananarivo, 8 Juillet, 19h00 – Un chiffre alarmant. La plaine de Marovoay perdrait annuellement entre 2 et 4% de sa surface cultivable à cause d’un début de sédimentation du parc national d’Ankarafantsika. Sur la base de l’hypothèse optimiste, ceci équivaudrait à une production de 3 milliards d’ariary par an, selon les estimations de la Fondation pour les aires protégées et la biodiversité de Madagascar (FAPBM) dans son Livre blanc issu de l’étude sur la valeur économique des aires protégées.
La FAPBM insiste dans ce document sur l’importance de la préservation et la restauration de cette aire protégée qui permettrait de maintenir, et même d’accroître la production rizicole. À travers les services écosystémiques de stabilisation des sols, Ankarafantsika empêche la sédimentation de Marovoay, une des plus vastes plaines de rizières de Madagascar, qui couvre près de 38 000 ha de surface cultivable, expose cette Fondation.
Les aires protégées sont ainsi importantes pour le secteur agricole. Leur écosystème forestier maintient les nappes phréatiques, en préservant les sources et les réservoirs d’eau qui irriguent les zones de culture en aval et aux alentours, soutient la FAPBM. Elles favorisent aussi la stabilisation des sols et du climat local en atténuant les impacts des phénomènes météorologiques extrêmes et maintiennent la fertilité du sol. Cette Fondation rappelle par ailleurs que la biodiversité contenue dans les aires protégées assure la pollinisation des plantes grâce aux abeilles et autres insectes.
Madagascar reçoit annuellement entre 52 et 60 millions de dollars pour la conservation de la biodiversité, dont les aires protégées, selon l’étude sur la valeur économique des aires protégées du pays. Or leur maintien nécessite une contribution mondiale d’une valeur entre 572 et 660 millions de dollars par an. Un gap de financement important dans le fonctionnement des aires protégées et dans la mobilisation de financements internationaux est ainsi constaté, fait remarquer cette étude.
