AGRICULTURE – Le paddy bradé à 900 ariary, voire moins, dans l’Alaotra, les riziculteurs vendent à perte leurs produits, le gouvernorat de la région appelle les collecteurs et les intermédiaires à ne pas profiter des paysans
Antananarivo, 31 Mai, 10h48 – Les riziculteurs de l’Alaotra en détresse face au prix du paddy en pleine chute. « Nous vendons le kilo du paddy de makalioka et dista à 900 ariary », rapporte Rakotoarivony, riziculteur à Amparafaravola. Un peu au nord, à Morarano Chrome, le kilo du paddy de la même variété de riz est acheté par les collecteurs à 850 ariary. « Le prix de revient du paddy est pourtant de 900, 1.000 voire 1.200 ariary par kilo », souligne un communiqué de Richard Ramandehamanana, gouverneur de la région.
Le gouverneur de l’Alaotra-Mangoro appelle ainsi les paysans à « être exigeants » par rapport aux prix auxquels ils vendent leurs produits. Déplorant une vente à perte, il enjoint les paysans à vendre les produits au prix réel. Il en appelle également aux collecteurs et aux intermédiaires à « ne pas profiter de la situation parce que la vie des paysans dépend des prix des produits agricoles ».
La situation n’est pas facile à vivre pour les riziculteurs, endettés et qui ont du mal à joindre les deux bouts. « Nous sommes obligés de vendre à n’importe quel prix » témoigne Rova Rasoazanany, rizicultrice. « Dès que la récolte approche, les banques font pression pour les remboursements », confie un autre paysan de la région. Celui-ci raconte que les dépenses des paysans ont augmenté durant la saison parce que « le prix d’engrais, le coût des matériels et même les salaires des journaliers ont été en hausse cette saison ».
Lors de la dernière saison, le prix du paddy tournait autour de 1200 ariary le kilo. Cette année, les collecteurs hésitent encore acheter malgré l’arrivée des grandes récoltes. Quelques-uns d’entre eux rapportent des pertes lors de la dernière campagne pour expliquer leur hésitation. Face à la faiblesse de la demande, les paysans finissent par vendre à moindre prix. Une source auprès de la Chambre de commerce d’Ambatondrazaka suggère à l’Etat de prendre l’initiative d’acheter les produits des paysans au prix réel pour réguler le prix du paddy.