“Diffusion de fausses nouvelles destinées à troubler l’ordre public. Projets de destruction de biens publics, dont ceux de la Jirama. Recel de personnes recherchées par la justice et association de malfaiteurs”. Le parquet d’Antananarivo évoque au moins quatre chefs d’accusation pour expliquer le placement en détention préventive à la maison de force de Tsiafahy d’un ancien militaire français. Celui-ci a comparu devant le parquet mardi dans le cadre d’une affaire relative à un projet de déstabilisation à travers l’ensemble du pays.
Des manifestants du mouvement GenZ ont également comparu devant le parquet, mais ceux-ci ont été placés sous contrôle judiciaire. Ils ont ainsi pu rentrer après plusieurs jours de garde à vue. “Ils étaient membres du groupe de discussion WhatsApp créé pour réaliser les actions évoquées”, rapporte le substitut du procureur Nomenarinera Mihamintsoa Ramanantsoa dans une vidéo diffusée dans la nuit par le ministère de la Justice. “Bien que des charges aient été relevées à leur encontre, il est estimé qu’ils n’étaient pas les instigateurs mais qu’ils ont été utilisés, voire instrumentalisés”, poursuit le magistrat.
Le Colonel Patrick Rakotomamonjy, soupçonné d’implication sur le même dossier mais déjà en détention à Tsiafahy sur la base d’un mandat d’arrêt délivré dans le cadre d’une affaire de tentative d’attentat sur le président de la Refondation, est en attente de comparution devant le juge d’instruction, indique encore le substitut du procureur. Il est accusé d’avoir été “en relation avec l’ancien militaire français depuis un certain temps”.
“Il devait servir d’intermédiaire et devait organiser la distribution de fonds destinés à financer les différentes actions, dont les coupures d’électricité, la perturbation de la circulation, l’incitation des forces de l’ordre à la mutinerie et la mobilisation des jeunes en vue de semer des troubles” à la date du 18 avril, raconte encore le magistrat. Des captures d’écran de discussions échangées via WhatsApp sur le sujet ont été parallèlement diffusées dans la vidéo déclaration du substitut du procureur.
La justice évoque également d’autres suspects dans le dossier, mais “c’est la suite des enquêtes qui déterminera leur niveau de responsabilité dans cette affaire”, souligne le parquet. Le substitut du procureur parle notamment de certains “acteurs de la communication”. Il invite d’ailleurs les citoyens à “ne pas accorder foi aveuglément aux informations diffusées par ces acteurs de la communication car ces informations ne sont pas toujours vérifiées mais sont surtout destinées à nuire”.













